La course réservée aux apprentis mauriciens lors de la 25e journée a souri au plus expérimenté, à savoir Niven Marday qui a conduit à bon port Kentucky Bluegrass vers son premier succès au Champ de Mars. Dorénavant avec 22 victoires, Marday est à huit unités pour passer au statut de jockey.
Bénéficiant de son expérience et de la progression d’un jeune coursier, Marday n’a pas failli dans sa tâche pour signer sa cinquième victoire de la saison, soit sa 22e de sa carrière. Même s’il paraissait au dessus du lot et confiant de l’emporter, il garde toujours la tête sur les épaules. «Mon objectif reste toujours le même;  à savoir remporter le maximum de victoires et qu’importe si c’est une course entre apprentis, professionnels ou à l’étranger. Je ne me suis pas senti supérieur ou mieux expérimenté. Ce fut une course comme les autres samedi dernier et je n’ai pas ignoré ou sous-estimé mes collègues apprentis», a fait ressortir Marday. «Kentucky Bluegrass avait montré des signes de progrès et avait reçu une bonne préparation. J’ai suivi à la lettre les instructions en suivant très détendu à l’arrière, car c’était parti très vite à l’avant. À 600 mètres, j’étais confiant de pouvoir l’emporter et en ligne droite finale, mon coursier m’a donné raison en sortant un magnifique coup de reins pour venir gagner » .
Malheureusement, cette victoire a été quelque ternie par un incident lié au départ de cette course et qui a vu un handler se faire projeter à terre alors qu’il était encore entre Brandewyn et Kentucky Bluegrass. «J’ai tout fait pour l’éviter, mais malheureusement, il se trouvait entre les deux chevaux. J’en profite pour lui souhaiter un prompt rétablissement.»
Pour revenir à cette course réservée aux apprentis mauriciens, Marday est d’avis que tous doivent passer par cette voie pour se perfectionner et leur conseille de continuer leur apprentissage, de persévérer et de bien écouter toutes les consignes qui leur sont prodiguées. Il est d’avis qu’ils feront encore mieux la prochaine fois.
Marday était aussi en action sur Carson City qu’il avait fait triompher à sa dernière sortie, mais cette fois, il devait terminer à la quatrième place. «La course a été rondement menée et malgré cela, mon coursier a bien terminé».
Celui qui avait ouvert son compteur au Champ de Mars avec Galaxy Way souhaite terminer la saison en apothéose, mais il sait que cela va être très dur. «Il me reste encore huit victoires pour atteindre la barre de 30 afin de devenir jockey professionnel. En dix journées, cela paraît bien difficile. Mais, si j’obtiens de bonnes montes, je ferai tout mon possible pour décrocher le Graal, car c’est l’objectif de tout apprenti. J’espère que les entraîneurs vont me faire encore confiance et me soutenir jusqu’à la fin de la saison. Sinon, il va falloir attendre l’année prochaine», a conclu Marday.
Si Marday était aux anges après avoir signé une cinquième victoire en 42 montes, en revanche il y avait deux apprentis qui faisaient leur baptême du feu en piste samedi dernier au Champ de Mars et étaient, eux aussi, ravis de leur première.
Batchameah Nabeel-Sheik, qui pilotait sur Young Royal, a terminé à la cinquième place alors que Jameer Allyhosain, en selle sur Tobeastar, a lui fini à la septième place.
Une émotion inexplicable
Nabeel-Sheik connaissait très bien son coursier et avait déclaré, avant la course, qu’il avait sa chance si son coursier prenait un bon départ. Mais, pour lui, malgré son départ lent, Young Royal n’aurait pas pu l’emporter, car et Kentucky Bluegrass et Niven Marday étaient les plus forts.
«N’empêche que je suis satisfait de ma prestation et mon entraîneur, que je remercie au passage, est lui aussi satisfait. Il m’a mis à l’aise avant la course et m’avait dit de prendre la course comme si j’allais effectué un barrier trial», a commenté Nabeel-Sheik. «Ce fut une très grande expérience surtout lorsque je suis sorti dans le paddock avec la casaque jaune. C’était une émotion inexplicable. Je souhaite maintenant connaître d’autres courses tout en me perfectionnant».
De son côté, Jameer Allyhosain est lui aussi satisfait de sa prestation.
«Cela s’est passé tellement vite que je n’ai même pas eu le temps d’apprécier ma première monte au Champ de Mars», a dit Allyhosain. «Toutefois, je remercie M.Raj Ramdin de m’avoir permis d’effectuer ma première avec Tobeastar et aussi de ses précieux conseils. Il n’a pas mis de pression sur moi».
«La pression je ne l’avais pas avant la course, mais j’étais plus préoccupé par la stabilité de mon poids. Le départ de Tobeastar ne lui a pas  coûté la course même s’il n’était pas bien entré dans les stalles. Il a fait une course honnête. Quant à ma prestation, il y a quelques petits détails à régler et j’espère que maintenant, les entraîneurs vont me solliciter davantage», a-t-il ajouté.
Conseil de Ségéon
En revanche, Ashik Oogur est passé complètement à côté de la plaque sur High Accolade, même si son coursier a été déclaré non partant, n’ayant pas bénéficié d’un bon départ, car sa bride était toujours retenue par son handler au moment du départ. Il a même été pointé du doigt par les Racing Stewards et il devra s’exercer au cheval mécanique avant d’être autorisé à remonter en course alors qu’il était à sa cinquième participation cette saison.
«Je suis très déçu de cette monte et surtout que tout s’est joué au départ. Le handler tenait High Accolade et Tobeastar alors que ce dernier n’était pas rentré complètement dans sa stalle. Et lorsqu’on a donné le départ, il a lâché Tobeastar mais pas mon coursier et je suis parti avec plusieurs longueurs de retard d’où ma frustration», a fait ressortir Oogur. «Tout s’est ensuite joué en ma défaveur et j’ai même sorti la cravache pour que le cheval penche à l’intérieur, mais c’est le contraire qui s’est produit. C’est une course à oublier au plus vite. Mais c’est dommage que les Racing Stewards ne vont pas m’autoriser à remonter en course, car  j’ai déjà monté avec les professionnels et je n’avais pas commis de faute. Mais j’ai eu quelques bons conseils de Patrick Merven et de Cédric Ségéon. Ce dernier m’a même dit que j’aurais dû courir tranquillement à l’arrière-garde comme je n’avais pas eu un fair start. Mais je prends mon mal en patience et vais travailler davantage».
À noter qu’une deuxième course sera au programme le 14 novembre pour les apprentis et gageons que d’ici là, ils auront bénéficié de tous les conseils et trouver également utile l’usage du cheval mécanique.