Miné par des blessures, sevré de victoire depuis 2012, Sunil Bhundoo n’a pas abdiqué et a persévéré dans ses fonctions de track rider au Champ de Mars et à Floréal et le travail a porté ses fruits, samedi, lors de la 18e journée avec le succès obtenu sur Triad of Fortune.
Bhundoo, un die hard du yard de l’entraîneur Vincent Allet, a été sollicité par Patrick Merven pour piloter deux de  ses chevaux samedi dernier dont le nouveau Guilty As Charged et le régulier Triad Of Fortune qui venait tenter sa chance en classe supérieure. Il était aussi en selle sur Isipho qui a pris une honorable troisième place.
Le cavalier était très ému après la course et il en était de même mardi dernier lorsqu’il évoquait à Turf Magazine ses sentiments lorsqu’il a franchi la ligne d’arrivée en premier après quatre ans de disette.
«Je ne peux contenir mes émotions après tous les malheurs que j’ai dû endurer, et le fait de renouer avec le succès est venu aussi récompenser tous les sacrifices que j’ai dû faire», a déclaré Sunil Bhundoo. «Dans ce travail de jockey, il faut avoir de la chance. Mais, moi je n’ai connu que de la malchance. Et je dois en premier remercier Dieu si je suis encore là. Ma dernière victoire remonte à 2012 lorsque j’avais mené Golden Millenium à bon port. Malgré tous les déboires que j’ai eus, j’ai continué mon travail et la vraie raison pourquoi je suis toujours fidèle au poste, c’est que j’adore mon travail. Quand je me suis blessé au poignet lors de ma chute sur Canadian Dollar en début de saison, j’étais cloîtré à la maison pour trois mois. Je n’étais pas moi-même et heureusement, mon épouse m’a énormément soutenu. Je voudrais en profiter pour lui dire un grand merci et aussi au Mauritius Turf Club qui m’est venu en aide sans oublier mon entraîneur Vincent Allet. Malgré que n’étais pas là, il a conservé mon poste que j’ai retrouvé quand je suis revenu. Il a été toujours à mes côtés».
Pour revenir à sa victoire sur Triad Of Fortune, il s’attendait à une bonne performance de sa part, car ce coursier avait toujours terminé dans l’argent. Même s’il était aligné en classe supérieure et avait sa ligne extérieure à surmonter, Bhundoo n’a pas paniqué et a suivi les instructions de Patrick Merven à la lettre pour enfin goûter au succès. «Les instructions étaient de bien sauter et d’essayer de prendre les devants. Sinon, il fallait que je sois le meneur. Il était bien dans son pas et quand j’ai vu la ligne d’arrivée en face, je me suis dit qu’il fallait foncer à fond, car une chance comme cela ne va se représenter à nouveau. A un certain moment, Valerin m’a dépassé, mais j’ai refait mes rênes et mon coursier a eu un deuxième kick pour l’emporter. J’étais aux anges. Mes premières pensées sont allées à Dieu sans qui je n’aurais pas pu monter à nouveau. Et aussi à mon épouse et au Dr Gopal qui m’a remis sur pied», a-t-il souligné.
Celui qui a débuté dans le métier en 1989 espère maintenant que cette victoire va le motiver davantage et qu’il aura aussi la confiance des autres entraîneurs. Car, selon lui, de nos jours, la compétition est très rude avec des jeunes tels Allyhosain, Mervyn Teetan et autres Sanish Ramgopal. Malgré cela, il va continuer à persévérer dans son travail.