La réforme des Administrations régionales pilotée par le ministre de tutelle, Hervé Aimée, retient toujours l’attention des politiques, même après le vote intervenu à l’Assemblée nationale aux petites heures du matin, qui a été ponctué par un walk-out des parlementaires de l’Opposition. En effet, le texte de loi transmis à la State House dès jeudi, en vue de compléter les dernières procédures avant son entrée en vigueur, n’est pas encore revenu à l’hôtel du gouvernement. C’est ce qu’a appris Week-End de sources autorisées, hier.
« Nous croyons comprendre que le président de la République s’est déjà attelé à la tâche d’étudier les détails de la Local Government Act 2011, qui est un document volumineux. Le délai jusqu’ici semble être compréhensible. D’autre part, nous n’avons aucune raison de croire que le président de la République ne va pas apposer sa signature au bas du texte de loi, car tout a été fait dans les règles et dans le respect des procédures », ont fait comprendre nos sources.
Il va sans dire que dès le début de la semaine, la situation pourrait être appelée à prendre une nouvelle configuration en raison de l’urgence de l’équation. Jusqu’ici, aux attaques de l’Opposition sur le caractère illégal du mandat des conseils municipaux depuis le 24 novembre, le ministère des Administrations régionales y a opposé la thèse que l’échéance n’arrivera à terme que vendredi prochain.
De ce fait, il n’est que dans l’intérêt de l’hôtel du gouvernement que la décision de la présidence de la République par rapport au texte de loi soit rendue officielle au plus vite pour parer à toute éventualité, dont la publication du texte de loi dans la prochaine édition spéciale de la Gazette du Gouvernement selon le scénario le plus optimiste.
De son côté, l’opposition poursuit sa campagne de pression contre le gouvernement sur la question des Administrations régionales, avec le nouveau renvoi des élections municipales à une date indéterminée l’année prochaine. Les conseillers élus sous la bannière des formations actuellement dans l’Opposition, notamment à Port-Louis et à Beau-Bassin/Rose-Hill, ont signifié leur intention de soumettre leur démission en tant que tel dès le début de cette semaine.
D’aucuns affirment que dans l’éventualité de ces démissions, le conseil municipal des Villes-Soeurs pourrait faire face à un problème de quorum. Toutefois, il va sans dire que la Local Government Act 2011, qui a connu de nombreuses péripéties depuis sa présentation en première lecture, avec la révolte des partis politiques à Rodrigues, dont l’OPR, l’Assemblée Régionale de Rodrigues ou encore du Rodrigues Council of Social Services, tient encore la gageure politique, avec en prime la signature du président de la République au bas du texte de loi encore en suspens à hier après-midi…