La Commission de l’océan Indien a organisé une rencontre lundi et hier à Ébène pour définir les étapes de la création d’une ligne maritime dans l’océan Indien. Étaient réunis les États membres de l’organisation, des experts du transport maritime et du commerce international, des importateurs et exportateurs, des organismes de financement ainsi que des partenaires privés et publics.
Le secrétaire général de la Commission de l’océan Indien (COI) Jean-Claude de l’Estrac s’est dit convaincu de la pertinence du projet de ligne maritime instruit par la nouvelle stratégie des grandes compagnies maritimes internationales. « C’est une de mes priorités. Je suis d’autant plus déterminé car ce projet est lié à l’autre grande priorité du Conseil des ministres de la COI : la sécurité alimentaire régionale », a-t-il déclaré.
Jean-Claude de l’Estrac a indiqué être en présence de plusieurs études démontrant l’énorme potentiel de la région en termes d’échange. Il a toutefois souligné les nombreuses contraintes, dont des grandes disparités infrastructurelles entre les pays membres de la COI. « La commission entend contribuer à faire surmonter ces handicaps », a-t-il souligné.
Selon le secrétaire général de la COI, l’on ne peut contester le fait que la mise en place d’un système de cabotage pour connecter les îles de la région et avec le reste du monde soit un facteur d’intégration économique. « Personne ne contestera pas non plus que Madagascar a effectivement la capacité de tenir le rôle de grenier de l’Indianocéanie, même si la Grande île nous a si souvent forcés à freiner nos ambitions. Mais nous voulons continuer à y croire avec une sorte d’optimisme stratégique », a-t-il ajouté.
Jean-Claude de l’Estrac a rappelé que la plupart des pays membres de la COI importent l’essentiel de leurs produits alimentaires de régions éloignées, payant des frais de transport maritime qui représentent 30 à 40 % des coûts des produits vendus aux consommateurs. Il a déploré le peu d’intérêt manifesté lors d’une récente visite des membres de la Chambre de commerce malgache à Maurice, venus parler des perspectives de production de maïs, de riz, de grains secs, d’oignons et d’ail à Madagascar. « Des produits que nous importons de l’Argentine, du Pakistan, de l’Éthiopie et de Chine », a-t-il précisé.
Selon le secrétaire général de la COI, importer de Madagascar n’est pas sans difficulté. Les avantages pour la région, a-t-il ajouté, sont néanmoins tellement évidents que les gouvernements devraient s’en préoccuper. « Une ligne maritime régionale ne sera éventuellement rentable que si Madagascar y participe pleinement en dynamisant son secteur agroalimentaire et en développant ses exportations. »
Pour le ministre du Transport maritime, une ligne maritime dans l’océan Indien devrait favoriser l’intégration régionale entre les îles de la région. « Une collaboration accrue contribuera à augmenter le Produit intérieur brut (PIB) des îles au bénéfice de leur population », a déclaré Anil Bachoo. « Le service maritime est un secteur très compétitif où il n’y pas de place pour une compagnie boiteuse », a-t-il averti.