Pour le ministre, le nombre de personnes – hommes, femmes, enfants et plus âgés – vivant dans des logements peu décents est un des signes les plus manifestes de la pauvreté dans le pays. « Many of the housing estates are fast becoming no man’s land », a relevé le ministre, observant par ailleurs qu’il y a un manque de respect des normes en matière de logement et que les installations sanitaires sont en piteux état. « If we do not act now, we can imagine what the living conditions for these families will be like in the future. And this is not where we want to take our country », a-t-il ajouté.
Ces familles ont davantage besoin d’un environnement serein et salubre. C’est ainsi que des ressources nécessaires seront déployées en 2012 pour s’assurer que tous les 44 blocs NHDC disposent d’un syndic fonctionnel. Actuellement, tel est le cas pour seulement neuf d’entre eux.
En 2012, le gouvernement contribuera Rs 200 par unité de logement, par mois, soit Rs 2 400 par an, afin d’instituer un syndic dans tous les blocs NHDC à l’exception des trois appartenant à la classe moyenne. Les résidents nommeront eux-mêmes leur syndic qui aura pour rôle principal d’assurer la coordination, la discipline et le maintien des lieux communs dans un état propre et ordonné. Ce qui devrait améliorer la vie quotidienne des 6 150 familles concernées.
De plus, le gouvernement s’est engagé à réhabiliter le système d’évacuation des eaux usées de ces résidences, de réhabiliter l’approvisionnement en eau de 15 des blocs NHDC et de réaliser des travaux d’imperméabilisation à Rose-Belle et Palma.
Le gouvernement procédera d’autre part à la construction de plus de blocs résidentiels similaires. « We will do so with an innovative new vehicle that will mobilise substantial amounts of financing for housing development. We will encourage the setting up of not-for-profit Housing Development Trusts. » Ces fonds comprendront des ressources issues des fonds CSR (Corporate Social Responsibility) de compagnies pour honorer un tiers du coût. Le gouvernement paiera un autre tiers du coût et fournira les offsite infrastructure.
« Any land may be contributed for construction by these Trusts, as would any land acquired under the Prime Minister’s deal with the sugar sector », a précisé le ministre. Une préférence sera accordée aux plus petits sites en vue de promouvoir l’inclusion sociale. Et, pour réduire le coût aux acheteurs, les projets de logements sociaux ne seront pas soumis à la TVA. Ils seront de même exemptés de la Land Conversion Tax, de la Registration Duty et Land Transfer Tax.
Les familles touchant moins de Rs 10 000 par mois ne paieront que le troisième tiers du coût. Ce qui équivaut, à un paiement de Rs 300 000 pour une maison qui coûterait par exemple Rs 900 000. « This benefit will only go to families who will agree to enter into a comprehensive social contract covering civic responsibilities, employability, education of children and family values. »
En guise de coup d’envoi à ce projet, la SLDC mettra à disposition 4 arpents de terre à Dagotière pour la construction de 50 unités de logement. Le ministre a indiqué que la NHDC a identifié 160 arpents de terre dans le cadre de l’accord entre l’industrie sucrière et le premier ministre. Cela permettra à la NHDC d’accélérer son programme de construction de 1 000 unités de logement.
Quant aux Sans Domicile Fixe (SDF), la NEF créera un abri à leur intention à la rue de l’Abattoir, à Port-Louis.
Afin d’aider la classe moyenne et de donner un boost à la construction, le gouvernement enlèvera pour les deux prochaines années, la Land Transfer Tax sur la construction des complexes résidentiels comprenant au moins cinq unités de logement et coûtant au maximun Rs 2,5 millions chacun. Ceux qui achètent pour la première fois sous ce plan seront complètement exemptés de la Registration Duty.
Par ailleurs, il y a quelque 2 000 familles dans les ex-CHA qui, faute de moyens financiers, ne peuvent bénéficier des facilités qui leur sont offertes pour acheter le terrain du gouvernement sur lequel se trouve leur maison. Ces terrains leur seront donc offerts gratuitement.
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Toolsyraj Benydin (Conseil des Syndicats) : « Les décisions courageuses
n’ont pas été prises »
Nous n’avons pas constaté grand-chose dans ce budget. Malgré l’introduction d’un plan de suivi pour la mise à exécution des décisions, pann fer gran zafer. Xavier-Luc Duval ne s’est pas prononcé sur plusieurs enjeux, comme la politique d’emploi sécurisant pour les jeunes, un salaire minimum, la crise de l’eau, la professionnalisation des entreprises de l’État ou la création d’une école nationale de formation pour l’ensemble des travailleurs.
Je pensais que Xavier-Luc Duval allait effectuer des changements en profondeur. Mais finalement ce sont des changements classiques. Les décisions courageuses n’ont pas été prises. Il fallait moins de discours et plus d’actions pour soulager la population mauricienne.
Le fait de travailler les samedis n’est pas en adéquation avec la politique de loisirs et celle visant à combattre le stress. Au lieu de donner la possibilité de rester chez soi pour resserrer le tissu familial et profiter des social hours, on vous fait travailler les samedis. C’est une pression additionnelle sur le dos. Cependant le ministre des Finances a fait un effort au niveau du logement pour les plus vulnérables et pour la construction de crèches, entre autres.
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Ashik Junglee (General Purpose Teacher’s Union): « Équilibre raisonnable entre
le social et l’éducation »
L’éducation n’est pas qu’une question d’argent. L’environnement familial, l’encadrement pédagogique et la santé de l’enfant sont trois facteur essentiels pour qu’une éducation réussisse. Il faut favoriser l’éducation parentale pour qu’il y ait une éducation effective. La création de summer schools est une gifle magistrale aux enseignants. Les summer schools n’aideront pas à redresser le taux d’échec au CPE, qui est de 30 %. Nous, à la General Purpose Teacher’s Union, croyons qu’il faut augmenter les ressources humaines disponibles dans les écoles primaires concernant les Remedial Teachers et les enseignants spécialisés dans les activités ludiques. Nous pensons que le gouvernement fait fausse route concernant le combat contre l’échec scolaire. Nous proposons au ministre de consolider le système actuel qui procure quand même 70 % de réussite malgré ses imperfections au lieu de créer un deuxième système voué à l’échec. La GPTU demande une rencontre urgente avec le ministre de l’Éducation Vasant Bunwaree.
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Atma Shanto (CSG-Solidarité) : « Aucune mesure pour empêcher la flambée des prix »
Je m’attendais à ce que le ministre des Finances présente des mesures pour le contrôle des prix, mais malheureusement, il n’y a rien eu à ce sujet. Comme on le sait, après chaque budget, il y a une flambée de prix sur le marché, et Xavier Duval n’a rien fait pour empêcher cela. La compensation salariale de janvier 2012 sera engloutie dans la flambée de prix.
De même, je regrette qu’il n’y ait aucune mesure pour faciliter l’accès aux produits alimentaires de base comme le riz et la farine.
Je déplore vivement le fait que le gouvernement va autoriser des emprunts des fonds de l’Employees Welfare Fund pour des traitements dans les cliniques privées. Je me demande si ce n’est pas un début pour que le service de santé devienne payant à Maurice. La santé est un droit universel.
Je m’attendais également à des mesures pour revoir les lois du travail qui ont accéléré la perte d’emploi dans le secteur privé, mais là non plus, il n’y a rien eu, malgré les déclarations récentes du ministre Shakeel Mohamed.
De manière générale, je peux dire que le budget de Xavier Duval est une continuité du budget de Rama Sithanen.
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Haniff Peerun (MLC) : « Rien de nouveau »
C’est un budget de la continuité. Les travailleurs et les consommateurs sont restés sur leur faim. Ils avaient cru que la TVA allait être réduite mais en vain. Ils s’attendaient à un meilleur contrôle rigoureux des prix des articles de consommation. Il n’y a rien eu. Nous observons, par ailleurs, que le ministre des Finances n’a rien dit sur la question de law and order, du combat contre la fraude et la corruption et le gaspillage.
Le ministre a mis l’accent sur la crise économique mondiale qui ne nous affecte pas. Même s’il y a une crise au niveau mondial, les différents secteurs de notre économie font très bien. Il fallait imposer une taxe sur l’offshore.
Par ailleurs, l’income tax threshold est augmenté de Rs 15 000 ; ce n’est pas suffisant, il fallait l’augmenter de Rs 50 000.
Xavier-Luc Duval annonce une hausse de 15 % sur les cigarettes et entre 20% et 30 % sur les produits alcoolisés. Je pense que le gouvernement doit interdire ces deux produits s’il veut combattre le mal. Je ne pense pas que ces hausses vont empêcher les gens de consommer ces deux produits. C’est comme pour les sacs en plastique, la taxe de Re 1 n’a pas diminué pour autant son utilisation.