Il n’y a pas qu’au village intégré de La Valette, à Bambous, que quelque 40 familles bénéficiaires de logements sociaux ont du mal à honorer leur loyer mensuel. A Sottise, où la National Empowerment Foundation (NEF) voulait faire du projet intégré de Cité Lumière, un modèle, des familles ne payent plus leur loyer à la Mauritius Housing Company Ltd (MHC). Pourtant cela ne fait que trois ans depuis que les logements sociaux de ce village du Nord ont été livrés à des anciens squatters de Grand-Baie. La NEF a véritablement, beaucoup de mal à gérer cette situation. Elle hésiterait à appliquer des sanctions sévères pour ne pas attiser la colère à connotation communale
Le problème de mauvais payeurs, voire des payeurs à problèmes, est aussi une réalité à Sottise où le deuxième projet intégré du pays a vu le jour en décembre 2010. En effet, depuis quasiment deux ans, la MHC – compagnie qui a entrepris les travaux de construction des maisons- ne perçoit plus de paiement de plusieurs familles relogées par la NEF. Si, selon nos informations, le nombre de familles qui sont dans l’incapacité de payer leur loyer à La Valette est en passe d’augmenter, à Sottise, sur cinq foyers que nous avons visités cette semaine, trois concèdent ne plus assumer leurs responsabilités auprès de la MHC. Cette situation, dans les deux cas, embarrasse grandement la NEF. En mai dernier, dans une déclaration à Week-End à propos des mauvais payeurs, le ministre de l’Intégration Sociale, Suren Dayal, expliquait qu’en plusieurs occasions la NEF a tendu la main aux familles pour dégager un arrangement. En vain! «Nous avons fait tout ce qui était possible pour permettre aux familles de collaborer avec nous. Cette collaboration doit se faire dans les deux sens. De notre côté, nous avons été à leur écoute, nous leur avons donné plusieurs délais. Mais à la fin du jour, elles doivent être en mesure de respecter leur contrat social. Je suis sûr qu’il y a des familles qui font face à de vraies difficultés financières ( ). Il y a toujours la possibilité de trouver une solution à ce problème. Je suis convaincu que nous pouvons les aider», déclarait le ministre Dayal. Ce dernier avait même lancé un appel aux familles pour qu’elles se rendent à nouveau à la NEF en vue de trouver une solution, cas par cas. Depuis, son appel n’a pas été considéré par les familles concernées de La Valette. Et les sanctions prévues dans cette configuration n’ont pas été appliquées! Alors qu’il était ministre de l’Intégration sociale, Xavier Duval avait brandi la menace d’expulsion à l’encontre des mauvais payeurs. Las des nombreux avertissements pour non respect du contrat social, sans effet, le ministre Duval avait créé un vent de panique en annonçant cette mesure. Des réactions de part et d’autres n’ont pas tardé à suivre, freinant la NEF dans son intention de faire partir les bénéficiaires mauvais payeurs. Expulser les familles, voudrait dire pour celles-ci un retour à la case départ, un retour dans la pauvreté. C’est à voix basse que nos sources à la NEF nous ont expliqué que celle-ci craint des représailles sur fond communal, si elle fait preuve de fermeté et applique les santions en masse. Entre-temps, le nombre de mauvais payeurs à La Valette augmente et les conséquences n’en sont pas moindres. En effet, ces familles en difficulté financière, ne payent plus aussi leurs factures d’électricité et d’eau et ne sont plus connectées à ces deux services essentiels. La gestion des problèmes liés au contrat social et administratifs à La Valette s’avère compliquée pour la NEF. Sur place, celle-ci ne dispose que d’un field worker pour 200 foyers!