Un accord au sujet de la mise en oeuvre du projet de développement du logiciel E-prison sera signé demain au Bureau du Premier ministre entre le commissaire des prisons Jean Bruneau et le directeur du National Informatics Centre Services Inc. de l’Inde. Ce projet d’informatisation à la prison, au coût de quelque Rs 7,5 millions, devra répondre aux besoins techniques et fonctionnels d’une gestion administrative carcérale intégrée et orientée vers le futur.
La signature fait suite à un protocole d’accord intervenu en mars entre le ministère des Technologies de l’information et de la Communication et le National Informatics Centre Services Inc (NICSI) visant à développer la coopération dans le domaine de la technologie informatique entre les deux parties. Le NICSI, créé en 1995 sous le National Informatics Centre, a pour objectif principal de fournir des solutions en technologie informatique aux organisations gouvernementales.
Conformément à l’article 3 du protocole d’accord, un atelier de travail sur l’e-governance a été mis en place. Ses membres, comprenant des cadres du ministère des Technologies de l’Information et de la Communication et le NICSI, ont agréé à la mise en application de l’E-prison au département des prisons à Maurice.
Le NICSI a fait la proposition d’utiliser un logiciel qui est déjà opérationnel à la prison Tihar à Delhi en Inde. Les acteurs concernés, accompagnés d’un représentant du département des prisons, ont alors effectué une visite à cet établissement pénitentiaire ; ils ont pris connaissance du fonctionnement du système E-prison et ont participé à des démonstrations sur les applications diverses développées par le NICSI à l’intention des institutions carcérales indiennes.
Par la suite, le NICSI a travaillé sur des modules qui répondent aux exigences du département des prisons à Maurice. En mars, une équipe indienne était au pays pour animer des séances de travail par rapport à la mise en application du projet. En septembre, le gouvernement a donné son aval pour l’adoption du système en milieu carcéral mauricien. Le NICSI aura pour tâche d’assurer le développement et l’installation du logiciel de même que la formation du personnel des établissements pénitentiaires. Le processus s’étalera sur 26 semaines.
« La sécurité et la gestion des données constituent les préoccupations prioritaires de la politique pénitentiaire qui se veut moderne et qui répond aux normes internationales. Le système d’informatisation mis en place depuis 1994 au département des prisons ne répond plus aux exigences du service. À travers la mise en place du système E-prison, le personnel du département des prisons pourra répertorier les casiers judiciaires des détenus et leurs antécédents et par conséquent adopter des lignes de conduite plus spécifiques », indique-t-on dans les milieux autorisés.
Le système E-prison aura pour objectif principal de créer une base de données centralisée des dossiers en vue de permettre une circulation plus rapide et plus efficace des informations relatives à la détention des détenus et aux détails médicaux. Il permettra l’authentification biométrique de chaque détenu, leur terme d’emprisonnement et un enregistrement contrôlé. Avec ce projet, les autorités pénitentiaires pourront également faire le suivi des rémunérations qu’obtiennent les détenus tout en générant des rapports de gestion.