Le leader de l’opposition Paul Bérenger a souhaité samedi que le gouvernement prenne en ligne de compte les propositions formulées par le Bar Council concernant le Good governance and Integrity Reporting Bill ainsi que l’amendement constitutionnel qui y est associé. Il a également souhaité que les amendements envisagés soient diffusés aussitôt qu’ils seront prêts.
Évoquant sa PNQ de mardi dernier, Paul Bérenger a observé qu’au début de sa réponse, sir Anerood Jugnauth a adopté un ton positif et a avancé que le gouvernement étudie les changements à l’amendement constitutionnel proposé au niveau de la loi de la Good Governance et de l’Integrity Reporting. Il a déploré toutefois les dérapages potentiels suite à l’introduction de cette loi. Paul Bérenger a estimé que comme la Constitution prévoit que toutes les lois doivent être raisonnablement justifiables dans une société démocratique, l’amendement préconisé par le gouvernement concernant les confiscations des biens doit être considéré. Il a également déploré la réponse ministérielle selon laquelle tous les amendements envisagés par le gouvernement suivront les procédures habituelles. Le leader de l’opposition a demandé au gouvernement de prendre en considération les modifications proposées par le Bar Council et a soutenu que celles-ci auraient dû être circulées d’avance afin qu’elles puissent être étudiées en détail.
Le leader du MMM avait auparavant qualifié d’« exécrable » le comportement du Premier ministre sir Anerood Jugnauth au Parlement. Il a dénoncé cette attitude comme « hargneuse, brutale, provocante et dangereuse ».
Revenant sur le débat concernant les congés publics au Parlement mardi dernier, Paul Bérenger a estimé que la question d’alternance entre le Cavadee et Varusha Pirappu, qui avait donné lieu à certaines confusions, peut être mise de côté. Toutefois, étant donné que Cavadee tombera un dimanche l’année prochaine, il demande au gouvernement d’honorer ses promesses concernant l’octroi d’un jour de congé pour Varusha Pirappu, comme convenu lors de la campagne électorale des élections municipales et approuvé par le Conseil des ministres. Il a également déploré le ton provocant sur lequel ce congé public a été annulé.
Par ailleurs, Paul Bérenger a tenu à apporter une précision concernant la façon dont une de ses propositions a été rapportée par les médias. Il a rappelé avoir déclaré lors de la fête Divali que depuis que le système de Best Loser existe, la communauté tamoule a été délaissée parce qu’aux termes de la Constitution, cette communauté n’est pas prise en compte. Il a toutefois précisé qu’à aucun moment, il n’a demandé que telle ou telle communauté soit ajoutée à la liste de Best Losers. Il a affirmé avoir demandé à tout le monde de donner un coup de main pour que la réforme électorale future puisse inclure tout un chacun, de façon à ce que tout le monde sorte gagnant.
S’agissant de l’Assets Recovery Act, qui a été présenté en première lecture la semaine dernière par le ministre Roshi Bhadain, Paul Bérenger a estimé qu’il n’est pas approprié de dire que ce qui est proposé est la même chose que ce qui est en vigueur en Grande-Bretagne. Il compte évoquer la question lors de son intervention au Parlement mardi. Commentant le traité de non double imposition, le leader de l’opposition a attiré l’attention sur une déclaration faite par un fonctionnaire indien et rapporté dans la presse de samedi. Ce dernier a déploré que l’idée de non double imposition soit finalement devenue un traité pour qu’il n’y ait pas d’impôt. Il a affirmé qu’il aurait fait une proposition de compromis si le Premier ministre avait répondu à la PNQ à ce sujet il y a 15 jours, sans toutefois donner des détails sur cette proposition.
Au chapitre de l’élimination des chauves-souris, Paul Bérenger a estimé que « nou tou finn fane ». Il a exprimé sa sympathie pour les petits planteurs et les propriétaires d’arbres fruitiers. Pour lui, il est clair que le gouvernement n’a pas su dialoguer. Il estime également que la Mauritian Wildlife Foundation n’a pas été efficace et n’a pas joué son rôle comme il le fallait. « Alors que je suis leader de l’opposition, personne n’a pris contact pour évoquer ce problème ». Il a observé qu’une campagne est en cours contre Maurice dans la presse internationale et qu’il faut faire du « damage control ». Invité à commenter une récente déclaration de l’ambassadeur des États-Unis à ce sujet, Paul Bérenger a observé que l’ambassadeur a lancé un « cri du coeur » bien que sa démarche ne soit pas très diplomatique.