La Platform Kont Lalwa Travay Anti Travayer organise le dimanche 11 novembre 13 manifestations pacifiques dans 13 régions stratégiques de Maurice pour conscientiser la population sur les divers aspects anti-travailleurs de l’Employment Rights Act et de l’Employment Relations Act. Ces manifestations régionales sont en prélude à une « grande manifestation » le samedi 2 février 2013, jour anniversaire de l’entrée en vigueur de ces deux lois du travail jugées anti-travailleurs.
« Nou pe organiz symbolikma le dimans 11 novam prosin ente 10 h à midi, 13 manifestasyon pasifik dan 13 rezion stratezik Moris pou konscientiz bann travayer lor ditor ki Employment Rights Act (ERiA) ek Employment Relations Act (EReA) pe fer travayer Moris depi ki zot finn proklame en fevrie 2009. Pena enn semain ki travayer ape perdi plas akoz patron pe servi bann kloz anti-travayer de sa de lalwa-la pou fer seki zot anvi », a expliqué Jane Ragoo lors d’une rencontre avec la presse en fin de semaine. Elle était entourée de Venoo Ramsamy, de Balmick Gootoo, de Reeaz Chuttoo, de Devanan Ramjuttun et d’Iswarnath Guness, tous de la Platform Kont Lalwa Travay Anti Travayer.
Jane Ragoo a annoncé que ces manifestations régionales sont en prélude à « une grande manifestation monstre » à Rose-Hill le samedi 2 février 2013, jour anniversaire de l’entrée en vigueur de ces deux nouvelles lois du travail en remplacement de l’Industrial Rights Act et de la Labour Act. Elle a annoncé que la plateforme a sollicité une rencontre avec le Premier ministre Navin Ramgoolam pour discuter des amendements à apporter à l’ERiA et l’EReA. « Travayer sekter prive pe marzinalize dan pei ! » a-t-elle fustigé.
Devanand Ramjuttun a estimé pour sa part que la colère de la classe des travailleurs grandit de jour en jour contre l’ERiA et l’EReA. « Les patrons abusent des sections de ces lois qui sont en leur faveur au détriment des travailleurs », a-t-il pesté.
Dans ce contexte l’intervenant a cité un exemple, parmi tant d’autres, pour soutenir ses dires. Ainsi, a-t-il poursuivi, sous la Labour Act, les patrons étaient tenus de soumettre au Termination of Contract Service Board (TCSB) leur souhait de procéder à des licenciements. Et c’était ce board qui examinait si les licenciements étaient justifiés ou pas et statuait sur le montant des indemnités de licenciement à payer.
Il incombait également aux patrons de venir justifier devant le TCSB les licenciements de leurs employés. En outre, pour toute révocation, les patrons devaient donner à leurs travailleurs un préavis (Notice) de 120 jours. « Zordi, l’ERiA permet patron donn enn “Notice” de selma 30 zour ek patron kapav met travayer deor san pey enn sou kompansasyon. Li zis ena pou fer kone ki swa disan li ena difikilte ekonomik », s’indigne-t-il. « Donk, sekirite denplwa nepli ena dan Moris. »
Devanan Ramjuttun a fustigé le ministre du Travail Shakeel Mohamed qui, selon lui, n’a pas tenu sa promesse d’apporter des amendements à ces deux lois du travail pour leur enlever leur aspect anti-travailleurs. « Minis bizin realize ki se bann travayer, dan zot gran mazorite ki vote pou ki li vinn defann zot lintere dan Parlemen, pa pou ki li vinn defann lintere bann patron. En atandan, travayer pe perdi plas tou lezur, parski patron pe servi sa bann kloz anti-travayer ki enan dan sa de lalwa-la ! » a-t-il lancé.
« Comme dans toute démocratie qui se respecte, le ministre du Travail doit au préalable remettre une copie des amendements qu’il propose d’apporter à l’ERiA et l’EReA aux représentants de travailleurs, c’est-à-dire, aux centrales syndicales, pour qu’ils puissent en prendre connaissance, avant qu’ils ne soient débattus à l’Assemblée nationale. Bizin aret sa zafer fer kiksoz derier ledo bann travayer ! », a-t-il lancé.
L’intervenant a d’autre part sévèrement critiqué l’opposition parlementaire MMM-MSM pour son « silence » sur ces deux lois du travail. « Sa pa interess zot, ek travayer pe perdi plas tou lezour. »
Devanan Ramjuttun s’est également élevé contre le traitement discriminatoire accordé par le gouvernement aux travailleurs du secteur privé. « Nou pa zalou… Me saler ek kondisyon travay 80 000 fonksyoner revize tous les sink an par Pay Research Bureau (PRB), tandis ki saler ek kondisyon travay de plis ki 450 000 travayer sekter prive revize selma si minis oule à traver le National Remuneration Board (NRB). Ena sekter kot pa finn revize depi 25 an », s’est-il indigné.
« Pourtant Maurice a signé la Convention de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur l’égalité de rémunération, 1951, (N°100) et sur la discrimination (emploi et profession), 1958 (n°111) ainsi que la Déclaration de l’OIT sur les principes et les droits fondamentaux au travail (1998) que le gouvernement est tenu de respecter », a-t-il ajouté. « Ki fer gouvernma bizin get ek de lizie, alor ki se bann travayer sekter prive ki dan zot grande mazorite prodwuir richesses pei », a expliqué Devanan Ramjuttun. Ce dernier a exigé que les amendements à l’ERiA et à l’EReA reflètent les exigences de ces nombreuses conventions. « En outre, le NRB doit réviser, au moins tous les cinq ans, comme le PRB, les divers Remuneration Orders qui déterminent les salaires et des conditions de travail dans le secteur privé. »