Les retombées des décisions du conseil des ministres de vendredi ont débouché sur un sévère avertissement syndical contre le gouvernement de l’alliance Lepep en ce qu’il s’agit des amendements aux lois du travail. Les dirigeants de la General Workers Federation (GWF) et de la Confédération Syndicale de Gauche (CSG) Solidarité sont les premiers à monter au créneau en dénonçant que la Policy Decision de la dernière séance en date du Cabinet Meeting, en marge des révisions à venir dans dans l’Employment Rights Act et l’Employment Relations Act, contient plusieurs objectifs patronaux.
« La GWF et la CSG-Solidarité mettent en garde le gouvernement de l’alliance Lepep et le nouveau ministre du Travail contre toute tentative de céder devant les lobbies patronaux en ce qui concerne les amendements aux lois du travail. Malheureusement, nous constatons déjà que le gouvernement commence à céder face à l’offensive patronale. La Policy Decision du conseil des ministres de vendredi, portant justement sur les nouvelles lois à venir, contient plusieurs objectif des patrons », dénonce Ashok Subron dans une déclaration à Week-End. Le syndicaliste fait remarquer que les retombées du Cabinet Meeting ne reflètent absolument pas les discours de Pravind Jugnauth et de Showkatullay Soodhun à l’époque où le régime Ramgoolam avait procédé à des amendements aux lois du travail en 2013.
Le négociateur de la GWF prend ainsi à titre d’exemple le volet « streamline all conditions of employment prescribed in the various Remuneration Regulations in one piece of legislation », mentionné dans les décision du cabinet des ministres de vendredi, pour faire part de ses appréhensions. « En réalité, cette décision vise à éliminer l’existence même des Remuneration Orders spécifiques, stipulant les salaires et conditions de travail, dans 33 secteurs du privé et touchant environ 44,000 travailleurs. Si les demandes du patronat sont acceptées, nous assisterons à un véritable massacre en terme de salaire et de conditions d’emplois », avance-t-il.
Dans la conjoncture, le mouvement syndical réclame une vigilance accrue de la part des travailleurs face à l’offensive patronale en cours. « La classe des travailleurs doit commencer à préparer la riposte face aux manoeuvres des capitalistes pour hijack la victoire du peuple du 10 décembre dernier au profit d’une poignée de capitalistes assoiffés de profits », explique Ashok Subron.
D’autre part, le syndicaliste Ashok Subron fait une sortie en règle contre la prise de position du tandem Mauritius Employer’s Federation/Joint Economic Council lors de la dernière assemblée générale en date.
« Cette position démontre clairement que les patrons préparent une nouvelle offensive pour tenter de changer les lois en vue d’augmenter l’exploitation des travailleurs. Premièrement, le patronat souhaite un retour à la Industrial Relations Act de 1973, où existait le principe de Compulsory Arbitration qui interdit l’exercice du droit de grève. Au lieu d’une Voluntary Arbitration qui reconnaît le principe du droit de grève sous la convention de l’International Labour Office. Ensuite, la MEF et le JEC tentent aussi de faire réintroduire le principe de négociation et signature de Collective Agreement avec les travailleurs non-syndiqués. Une formule que la GWF/CSG-Solidarité et l’opposition MMM/MSM avaient fait enlever en 2013 », conclut Ashok Subron.