Le ministre du Travail Shakeel Mohamed a rencontré hier pendant plus de trois heures les membres de la Platform kont lalwa travay anti-travayer. Une rencontre qualifiée par les deux parties de « positive et constructive ». La possibilité qu’un groupe de travailleurs non-syndiqués puisse négocier un accord collectif, comme stipulé par les amendements du gouvernement aux lois du travail, a été au coeur des débats.
« La fason poze ki zot finn explik mwa sa, mo tout à fait konpran zot aprehansion ek ansam nou pou rod enn solision », a déclaré au Mauricien le ministre du Travail, des Relations industrielles et de l’Emploi. Il faisait référence à l’appréhension des membres de la Platform de voir réduire l’influence des syndicats si l’on donne la possibilité à un groupe de travailleurs non-syndiqués de négocier les accords collectifs.
« A traver mo rankont avek bann sindikalis de la Platform, mo anvi rasir bann travayer de Moris, ki a okenn moman lintansion sa bann amandman ki Gouvernman pe amene a l’Employment Relations Act (EReA) e l’Employment Rights Act (ERiA), se de redwir bann drwa fondamantal de bann travayer », a-t-il insisté. « Nou l’intansion, o kontrer, se ogmant taux sindikalizasion dan le sekter prive pou donn bann travayer le drwa de negosie kan pena sindika, me kan sindika vini, travayer ale, me bann travayer-la bizin represante par bann sindikalis dan negosiasion ».
Shakeel Mohamed ajoute qu’il a eu l’occasion, lors de cette rencontre, d’entendre les représentants de la Platform lui expliquer les retombées négatives que la possibilité pour des travailleurs non-syndiqués de négocier des accords collectifs pourrait avoir sur les syndicats et les travailleurs. « Mo finn aussi gagne lokazion ekout bann sindikalis explik mwa ki “backlash”, ki negativite sa kapav ena de la par de sirtin anployer ».
Les syndicalistes craignent que certains employeurs peu scrupuleux profitent de cet amendement pour former un groupe de travailleurs-suiveurs qui négocieraient un accord collectif en leur faveur pour ensuite l’imposer à l’ensemble de leurs employés non-syndiqués.
« Nous avons eu une rencontre extrêmement positive et constructive ; bann kamarad sindikalis finn gagne lokazion explik mwa bann zafer kot zot krwar ki mo pe fer foss rout », poursuit le ministre. Et de se réjouir que les représentants de la Platform aient choisi « l’intelligence du dialogue pour faire avancer le respect des droits de travailleurs ».
Un des porte-parole de la Platform, la présidente de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP) Jane Ragoo, a également qualifié cette rencontre de « positive et constructive ». « Pendant plus de trois heures, nous avons eu l’occasion d’exposer au ministre nos appréhensions par rapport aux amendements que le gouvernement se proposait de faire adopter le 18 décembre dernier à l’Assemblée nationale. Il a saisi l’occasion pour nous demander des éclaircissements sur le document que nous lui avons soumis sur nos propositions d’amendements », indique-t-elle. « Nous apprécions ce désir de dialogue, mais nous restons vigilants par rapport au respect de nos revendications. La Platform ne va jamais faire des compromis quand les droits des travailleurs et des syndicats sont en jeu », poursuit Jane Ragoo.
Les membres de la Platform et le ministre ont convenu de se rencontrer à nouveau la semaine prochaine pour poursuivre les débats.