À la veille de la rentrée parlementaire, avec comme centre d’intérêt général les débats sur les amendements à l’Employment Relations Act et l’Employment Rights Act, le suspense est plus que jamais de mise. Et pour cause, jusqu’à la mi-journée, les textes des amendements proposés par le ministre du Travail et des Relations industrielles, Shakeel Mohamed, n’ont pas encore été publiés à l’officiel. Devant ce cas de figure, les dirigeants de la General Workers Federation/Joint Negotiating Panel ont entériné la décision de convoquer en urgence une assemblée spéciale des délégués cet après-midi pour établir les stratégies syndicales à déployer dans les prochaines heures.
Les derniers recoupements effectués à la mi-journée auprès des sources autorisées à la Victoria House, QG du ministère du Travail, indiquent qu’on met les bouchées doubles pour débuter la distribution officielle des textes des amendements revus et corrigés après que la State Law Office a passé une majeure partie du week-end à compléter la partie rédactionnelle. Ainsi, une véritable course contre la montre a été engagée pour que parlementaires et syndicalistes obtiennent une copie de ces amendements avant le coup d’envoi des débats demain à l’assemblée nationale en marge de l’adoption. Selon les indications, tout porte à croire que les textes seront released dans le courant de cet après-midi.
Depuis vendredi, soit après le feu vert du Conseil des ministres à la démarche de Shakeel Mohamed, le ministre du Travail a été plus que jamais dans la ligne de mire des syndicalistes; ces derniers dénonçant justement l’absence officielle des textes des amendements à pratiquement la veille de la rentrée parlementaire. Que ce soit lors du rassemblement de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé à Rose-Hill samedi après-midi (voir texte plus loin) ou dans les déclarations de presse de l’opposition parlementaire, le ministre du Travail et des Relations industrielles a été pris pour cible.
« Les capitalistes et le ministre Shakeel Mohamed tentent de prendre le pays en otage. Il est inadmissible qu’à la veille des débats à l’assemblée nationale en vue de l’adoption des amendements, nous ignorons ce que contient ce projet de loi. Les parlementaires doivent refuser un tel procédé antidémocratique du ministre Mohamed. Ce dernier ne peut traiter avec autant de mépris la classe ouvrière. Du coup, nous nous posons de sérieuses questions quant à ce qui a été approuvé au conseil des ministres vendredi. Shakeel Mohamed pe servi mem metod ki desam dernier, li pe amenn amandman deryer ledo lepep ! », soutient avec force au Mauricien ce matin Ashok Subron, animateur de la General Workers Federation-Joint Negotiating Panel.
Dans la conjoncture, les responsables Ashok Subron, Serge Jauffret et Devanand Ramjuttun réclament que le vote de l’Assemblée nationale intervienne après la fête du Travail, le 1er mai, en vue de permettre aux parties concernées de saisir toutes les implications de ce projet de loi. Dans la même perspective, le tandem GWF/JNP exige que les amendements touchant aux droits de grève initiaux soient gelés en attendant les consultations souhaitées entre les experts du Bureau international du travail et les syndicalistes.
Pour l’heure, avec l’incertitude qui plane de plus en plus quant à l’avenir de ces amendements pilotés par le ministre Mohamed, la GWF/JNP donne rendez-vous à ses délégués à partir de 16 heures cet après-midi à son siège afin de passer en revue la situation et d’établir les prochaines manoeuvres syndicales. « Dans un tel contexte, nous devons absolument rester mobilisés en vue de parer à toute éventualité dans les prochaines 24 heures. Toute décision qui sera prise au niveau de la GWF/JNP cet après-midi sera démocratique, respectant nos structures, et surtout après consultations avec tous les dirigeants », conclut Ashok Subron.
Affaire à suivre compte tenu de l’enjeu…