La menace de grève que brandissait la General Workers Federation et le Joint Negotiating Panel des semaines durant dans l’industrie sucrière a été mise à exécution ce matin sur les propriétés à travers l’île. Cette action de contestation contre les amendements aux lois du travail, proposés par le ministre Shakeel Mohamed, marque une première étape dans le tour de force engagé par la fronde syndicale. À la lumière des retombées de la séance parlementaire du jour, où ce projet de loi est à l’agenda, le tandem GWF/JNP déterminera les prochaines actions à entreprendre.
Les sources syndicales approchées indiquent que les travailleurs engagés dans l’industrie sucrière ont pleinement conscience de l’enjeu de cette véritable guerre ouverte. C’est d’ailleurs pour cette raison que le mot d’ordre de grève a été respecté sur les propriétés sucrières depuis tôt ce matin. « Il est impossible de communiquer des chiffres mais nous sommes en mesure d’affirmer que la grosse majorité des ouvriers et travailleurs de l’industrie sucrière ont suivi à la lettre cette action de grève. Certains n’étaient pas au courant, mais une fois sur leurs lieux de travail ils ont pris la décision de suivre le mouvement. C’est une contestation dans la dignité, nous ne pouvons rester les bras croisés devant de tels agissements du ministre Shakeel Mohamed », a expliqué le syndicaliste Ashok Subron au Mauricien ce matin.
Outre cette grève qui devrait d’une façon ou d’une autre paralyser les activités sucrières, les parlementaires des deux côtés de la chambre sont depuis ce matin en présence d’un document de six chapitres émanant du tandem GWF/JNP et réclamant le gel ou le retrait des « deeply controversial amendments » en attendant les prochaines consultations souhaitées avec les experts du Bureau international du travail. Les signataires du document expliquent tout d’abord que « through this communication we are making a solemn appeal to all members of the National Assembly to thoroughly consider the sound and reasonable demands conveyed in this communication. These demands emanate not only from the GWF-JNP, but are also supported by many important trade union confederations, federations, unions ».
« We believe that a gross historical regression will take place and a serious prejudice will be caused to the working people of the country, if some of the amendments that the government wishes to bring to the Employment Relations Act and Employment Rights Act, in relation to right to strike and collective bargaining, are enacted by the National Assembly. While we do view some positive changes within the Employment Rights Act, we believe that these positive changes cannot be “exchanged” with other amendments that are undermining workers right to strike and collective bargaining within the two laws. This will be contrary to social progress and amounts to blackmailing », ajoutent les responsables syndicaux. Ils réitèrent aussi leur proposition concernant le gel des amendements touchant aux droits de grève et le processus de la négociation collective en attendant les consultations souhaitées avec des experts du Bureau international du travail.
Dans le camp syndical, cet après-midi s’annonce décisif pour les prochaines actions à mener en vue de faire échec à la révision de l’Employment Relations Act et de l’Employment Rights Act chapeautée par le ministre du Travail. L’assemblée des travailleurs au Centre social Marie Reine de la Paix, à partir de 16 heures cet après-midi, a pour objectif de suivre l’évolution de la situation au niveau du parlement. « Nous prendrons les décisions appropriées à la lumière des retombées de la séance à l’Assemblée nationale. À partir de là, nous saurons exactement quelles actions syndicales nous allons mettre en oeuvre dans les jours à venir », conclut Ashok Subron.