Ces traces que nous laissons derrière nous en téléphonant, en surfant sur internet ou en utilisant notre carte bancaire en ligne peuvent dire tout de notre vie. Après les attentats de Charlie Hebdo, la France et le Canada ouvrent le spectre des écoutes au nom de la lutte contre le terrorisme avec une législation qui légitimise la surveillance en masse.
Liberticide pour les uns, protectrice pour les autres, la loi sur le renseignement adoptée par l’Assemblée nationale française mardi 5, et le C-51 au Canada font polémique dans le monde. De nombreux opposants les comparent au Patriot Act de George W. Bush, voté six semaines après les attentats du 11 septembre 2001. Les services de renseignements français pourront dorénavant poser des micros dans un appartement ou un véhicule, installer des balises GPS ou écouter des communications téléphoniques, sans l’accord d’un juge. Ils pourront également utiliser des IMSI-catchers, des petites valises dédiées à l’interception des communications de téléphonie mobile dans un rayon de 500 mètres à un kilomètre. Mais l’une de ses dispositions les plus controversées prévoit l’installation de “boîtes noires” sur les réseaux télécoms des opérateurs pour récupérer les “méta-données” des échanges électroniques. Il n’y a aucune raison de s’inquiéter, du moins c’est ce que disent les autorités. Les données collectées ne sont pas des contenus, mais de simples données techniques. “Ce sont seulement des méta-données” — c’était également la ligne de défense des États-Unis après les révélations d’Edward Snowden lors du scandale PRISM en 2013 sur la surveillance en masse des citoyens américain de la NSA.