Les vacances scolaires, aux cours desquelles de nombreux enfants et ados ont pu bénéficier de diverses activités ou animations encadrées, ont pris fin le week-end dernier. Avant qu’elles ne s’achèvent, ces vacances ont également été l’occasion pour une vingtaine de jeunes venant des îles de l’océan Indien de se retrouver à Pointe-Jérome dans le cadre d’une semaine de formation à l’intention des animateurs polyvalents. Organisé par la CJSOI et le ministère de la Jeunesse et des Sports, ce stage résidentiel avait pour but de donner à ces jeunes encadrants l’opportunité de partager leurs expériences tout en leur offrant les outils nécessaires à améliorer leur pratique de l’animation d’activités en plein air.
Être animateur polyvalent demande beaucoup d’énergie afin d’encadrer des groupes d’enfants et/ou d’adolescents, tout comme certaines qualités telles la créativité, la communication facile, la curiosité, le dynamisme ou encore l’audace. Le sens des responsabilités est également indispensable. Plus qu’un simple organisateur d’activités, ce professionnel aide ses « protégés » à mener à bien des projets en leur inculquant, par exemple, le respect de la nature, des autres et d’eux-mêmes.
Pour acquérir le savoir-faire et les techniques de l’animation spécifiques aux sports ou loisirs en plein air, afin d’assurer la mise en oeuvre des activités de loisirs et de découverte, une semaine de formation a été offerte à une vingtaine de jeunes par la Commission de la Jeunesse et des Sports de l’océan Indien (CJSOI), avec la collaboration du ministère mauricien de tutelle. Encadrés par deux experts réunionnais, ces garçons et filles venant de différentes îles de l’océan Indien (OI) ont bénéficié d’un stage au cours duquel ils ont été amenés à partager leurs expériences et les meilleures pratiques de l’animation.
Les deux premières journées de ce stage étaient consacrées à la formation théorique : les jeunes ont eu des temps de réflexion et d’échanges sur les notions de « programme d’activités » et de « projet pédagogique » comme support de l’animation, sur les activités d’itinérance tels que randonnée et camping, et les sports pratiqués en milieu naturel comme le VTT. Ce stage leur a ainsi permis d’acquérir des compétences à la fois culturelles et sportives.
« Nous nous sommes amusés tout en apprenant au cours des deux premiers jours. À travers les présentations que nous avons faites, nous avons découvert les pratiques d’animation et les danses traditionnelles de nos camarades des autres îles. Par exemple, les Seychelles, ont le kanmtole et le moutya, et Madagascar, le salegy. Et nous avons eu des échanges enrichissants sur les types de jeux des autres pays », raconte Annielle Trousquin, une participante mauricienne. Les soirées à thème n’ont ainsi pas manqué de rendre leur séjour encore plus divertissant. Le mardi soir, ils ont eu droit à un bal masqué, pour lequel ils ont dû créer eux-mêmes leurs masques. L’objectif étant de faire appel à leur créativité et leur sens de l’organisation, nécessaires à tout animateur.
Pour mener à bien le rôle d’animateur polyvalent, il faut également pouvoir mettre en pratique tous les acquis théoriques et se familiariser avec plusieurs types d’animation, dont la randonnée et les activités aquatiques. D’où la randonnée qui a eu lieu mercredi à partir du Souffleur pour aller à La Cambuse, en passant par le Pont Naturel et la plage du Bouchon. Evelyne Pruvost, experte réunionnaise en sports de nature et en développement durable, explique le déroulement de cette journée. « L’objectif, c’est la découverte. Découverte de la randonnée, mais aussi de la faune et de la flore. Le choix d’un sentier littoral dans le sud de l’île a permis de découvrir les caractéristiques du milieu avec une approche environnementale. Et bien sûr, avec toutes les consignes de sécurité. De plus, la marche est bonne pour la santé. À travers cette activité, nous amenons les participants à faire preuve de convivialité et d’entraide. »
Nived Barah, un des participants mauriciens, raconte son expérience de la randonnée, où il a pu découvrir certaines plantes, mais aussi le paille-en-queue « brin blanc ». « Nous avons eu un test d’aisance aquatique jeudi, à la piscine de Mare d’Albert, suivi de l’organisation d’une activité de baignade en lagon. Nous avons appris beaucoup de choses : nous avons pu mettre en pratique en mer ce que nous avions appris à la piscine, quand nous sommes allés à Blue Bay pour visiter le parc marin », explique-t-il.
Pour Adélaïde Ramananarivo, de Madagascar, cette expérience a été des plus enrichissantes. « Chez nous, nous n’avons jamais pratiqué ce genre d’activités, parce que nous n’avions jamais pensé que les sports de nature étaient une forme d’animation. Cette rencontre est une réelle opportunité pour nous. À Madagascar, les animateurs descendent surtout sur le terrain, on va visiter plusieurs quartiers pour sensibiliser les jeunes sur des sujets comme la grossesse précoce, la drogue, etc. Nos activités se limitaient jusqu’ici simplement à des jeux », indique-t-elle.
À la fin de la semaine, les participants se sont vus remettre des certificats de participation et d’aptitude pour les activités auxquelles ils avaient pris part. Ces jeunes Mauriciens, Rodriguais, Seychellois et Malgaches ont ainsi vécu une expérience unique de partage et d’apprentissage, en créant de nouveaux liens d’amitié.