Des filets suspendus dans les arbres, agrémentés de ponts suspendus et autres obstacles à franchir : l’île aux Cerfs se transforme en “parc d’aventures” avec une nouvelle activité récréative pour les amoureux de la nature. À l’initiative de TerrOcean, filiale du groupe Duprat Concept, cette offre sous l’appellation “Aventures dans les arbres” sera destinée au grand public misant sur les activités de loisirs pour la famille.
Dans le cadre de cette diversification qui verra le jour d’ici début 2014, l’île aux Cerfs sera aussi aménagée d’un mini parcours de golf en vue d’initier plus d’un à cette activité. Si la zone concernée par ce projet est éloignée de la plage et est située au milieu des arbres, dans une parcelle détenue en toute propriété par le groupe Sun, des voix s’élèvent déjà contre.
Pour les contestataires qui concèdent qu’un telle activité pourrait contribuer à revaloriser la région de Trou d’Eau Douce, tel ne sera pas le cas pour l’île aux Cerfs qui perd ainsi son cachet d’îlot calme est tranquille. D’autant que l’activité risque de mettre en péril le gagne-pain d’autres opérateurs engagés dans des activités de loisirs sur l’île.
Ainsi, d’ici le début de 2014, l’île aux Cerfs proposera aux Mauriciens et touristes une nouvelle source de loisirs. À travers Aventures dans les arbres, possibilité sera donnée aux familles, avec enfants dès l’âge de 4 ans visitant l’île, de profiter d’un parcours atypique dans le cadre d’une activité “nature”. Le parcours se composera de filets suspendus dans les arbres, agrémentés de ponts suspendus et autres obstacles à franchir.
Dans un communiqué de presse, les promoteurs expliquent que “les participants se déplaceront d’arbre en arbre, toujours reliés à une ligne de vie (système de câblages) en totale sécurité.” La société TerrOcean compte d’autres sites similaires en France et en Europe, relève le communiqué, précisant que la sécurité est un élément majeur du projet. Lequel, qui a nécessité des investissements de plusieurs millions de roupies, a reçu l’approbation de différents organismes, dont le ministère du Tourisme, celui du Logement et des Terres ainsi que le département des Bois et Forêts. Selon les promoteurs, “les arbres ont été scrupuleusement inspectés par une équipe phytosanitaire et resteront sous observation permanente car leur bonne santé est la base même de cette activité.” Ils précisent, de même, que l’élagage des branches fait partie des procédures courantes de sécurité et se pratique d’ailleurs dans le reste de l’île comme dans tous les jardins accueillant des visiteurs, afin d’éviter tout accident.
TerrOcean prévoit également, en seconde phase, l’aménagement d’un mini golf, parcours d’obstacles ludique de 80m x 30m, style “putt-putt”, accessible dès l’âge de 3 ans, en vue de permettre à un plus grand nombre de personnes de découvrir cette activité. Les tarifs d’accès seront très abordables, avancent les promoteurs, insistant sur l’intégration de toutes ses activités à l’environnement naturel de l’île.
“Les visisteurs viennent à l’île aux Cerfs pour la plage”
Si les promoteurs insistent que “cette activité nature est totalement respectueuse de l’environnement existant: aucun arbre ne sera abattu et toutes les installations seront faites en harmonie avec la végétation, sans affecter la croissance ni la santé des arbres”, plusieurs voix s’élèvent contre ce projet. En dépit de quelques réunions de consultations que les opérateurs de l’île aux Cerfs ont eues avec les promoteurs, ils s’indignent de la nature de ces projets de loisirs qui, avec leur mise en place, “dénaturent l’île aux Cerfs.” “C’est un massacre que l’on est en train de faire sur ce bijou qu’est l’île”, disent-ils. Et de faire ressortir que si touristes et Mauriciens se rendent à l’île aux Cerfs, “c’est pour la plage et la tranquillité des lieux”, dénonçant, par là- même, une vision erronée de l’île. Ainsi, même si le projet de TerrOceéan se situe à l’intérieur du terrain en toute propriété de Sun Resorts, il demeure que l’aménagement du site est un eyesore pour l’île aux Cerfs.
“Cette transformation n’a rien à voir avec l’île aux Cerfs qui perd ainsi son cachet”, disent les constestataires. Ils soulignent également que si ces activités visent à intégrer un bon nombre d’opérateurs dans le circuit, cependant, elles représentent une sérieuse menace pour ceux qui proposent des activités récréatives sur l’île telles le parasailing. Selon eux, le projet de TerrOcean risque de mettre en péril leur gagne-pain. “Les gens qui viendront à l’île aux Cerfs ne débourseront pas pour toutes les activités et, de ce fait, c’est nous qui sommes menacés”, disent-ils. Une nouvelle réunion doit avoir lieu cette semaine avec les promoteurs où une nouvelle fois, les avantages de ce projet seront présentés aux habitants du village qui est appelé à être davantage valorisé, indiquent les promoteurs, soucieux, selon eux, d’offrir une expérience qualitative et respectueuse de l’environnement.