Maurice commence à peine à découvrir Yannick Félicité, mais celui que l’on connaît sous le nom de Lom Nick n’est pas un anonyme dans son île natale. Cela fait presque treize ans que ce chanteur originaire de Rodrigues colore l’espace musical avec ses sonorités diverses et variées. Avec son grain de voix coloré et sa musicalité généreuse, l’artiste de 31 ans entame un nouveau tournant dans sa carrière. Il annonce la sortie d’un deuxième opus, qui atterrira dans les bacs à la fin de l’année…

Lom Nick tient son origine d’une combinaison bien pensée entre son prénom Yannick et le chanteur Lom Dick. “C’est un personnage qui s’est construit de A à Z en solo, motivé par son envie de faire de la musique. Pas pour la gloire ou la richesse mais par passion.” Pour son dernier projet, sans aucun doute le plus prometteur, Lom Nick s’est offert un répertoire taillé sur mesure. Contrairement à son premier album Ou L’amour (2014), davantage versé dans un registre oscillant entre séga dancehall et reggae, “le nouvel opus qui devrait sortir à la fin de l’année sera fort différent”, avance l’interprète de Mo destine et La fiesta, des titres qui marchent toujours très forts à Rodrigues.
L’album comprend 80% de ségas, comme en témoigne le titre Enn Larm. Mélodieuse avec une belle force lyrique, cette chanson sur l’amour est interprétée avec sincérité. “C’est un album moderne qui englobe à la fois la chaleur du séga mauricien, l’accordéon de Rodrigues et le maloya de La Réunion.”

Identité propre.

Yannick Félicité se fait d’abord connaître avec la chanson Tone brize sa lamour. Les scènes les plus populaires de Rodrigues s’ouvrent à lui : Festival Kreol, fête traditionnelle, etc. Versé dans un style acoustique et reggae à ses débuts, Lom Nick s’est enrichi du séga et s’est également tourné vers le dancehall. “Je l’ai fait plus par rapport à l’évolution et l’accès à la musique instrumentale. J’évitais de faire du séga numérique, qui n’est pas un style vivant.”
Attaché à ses origines, le jeune homme a toujours pris soin de mettre en avant les couleurs de ses racines. Le beat du dancehall se mélangeait souvent à l’accordéon de Rodrigues. “Quel que soit le style que je décide d’aborder, j’essaie toujours d’y fusionner les couleurs de mon île.” Il est important pour le chanteur que sa musique ait une identité propre. “Il n’est pas question de faire uniquement de la musique mais également de faire reconnaître mon île.”
À 18 ans, Lom Nick est touché par le talent des artistes du Festival Reggae Donn Sa. Se lancer dans une carrière artistique semble une évidence. “Avec un ami, nous nous sommes posés sous un arbre et avons commencé à écrire des textes. Depuis, je n’ai pas lâché ma plume.” Il précise : “Je ne suis ni chanteur ni musicien, mais comédien. J’ai beaucoup travaillé pour trouver ma voix.” Mais chanter est comme une seconde nature pour le jeune homme, qui vient d’une famille de chanteurs et de musiciens. La matière était déjà là. Yannick Félicité commence à composer de vrais morceaux, “avec du texte et une mélodie propre”. Les singles s’enchaînent.

Collaboration complice.

Depuis quelques années, Lom Nick essaie de conquérir Maurice. Le manque d’ouvertures à Rodrigues le pousse à faire le grand saut. “C’est difficile de se trouver un producteur. Je n’aurais pas progressé musicalement si j’étais resté dans l’île.” Petit à petit, il se fraye son chemin. Sa rencontre avec Ludovic Chery de Melodious Soul Crew sera déterminante. Une collaboration fusionnelle et complice s’opère, “qui m’a permis d’avoir énormément de débouchés, ici et ailleurs”. Il est l’unique artiste invité pour assurer le show lors de la finale de Miss Mauritius en 2017. Lom Nick a aussi été invité au Festival Kreol aux Seychelles et à celui de Maurice. Il a assuré la première partie de Tekno, artiste afro-beat du Nigeria, en avril dernier. Yannick Félicité était aussi l’une des deux têtes d’affiche d’une soirée au Queen’s Club quelques semaines plus tôt. Le jeune homme collabore avec des DJ de la Nouvelle Calédonie (DJ Kena), des îles Tahiti, sans oublier ceux de La Réunion.
Lom Nick est aussi friand de reprises, qu’il personnalise avec ses propres textes et son style. Le dernier en date : Fou Moi La Paix (reprise de Luis Fonsi). Ce titre encore tout chaud a un clip en préparation, qui devrait sortir fin août. Autant d’expériences qui l’ont fait grandir sur le plan musical. Vous n’avez pas fini d’entendre parler de Lom Nick…