À pratiquement 24 heures d’un concert à Londres marquant le 45e anniversaire de l’accession de Maurice à l’Indépendance et le 21e à la république, le couple Alain Ramanisum et Laura Beg ont été interdits d’accès sur le territoire britannique dès leur descente d’avion à l’aéroport d’Heathrow. Les deux « chief guests » étaient également sur le point d’être déportés à Maurice, mais 20 minutes avant le début des procédures pour l’embarcation, les organisateurs de la manifestation culturelle, par le biais de leur homme de loi, ont obtenu une injonction de la cour interdisant tout départ. Hier soir, les deux chanteurs étaient toujours entre les mains des services de l’immigration.
À ce stade, les informations disponibles depuis Londres indiquent qu’aucune raison officielle n’a été avancée par les autorités aux organisateurs du concert, soit l’Anglo-Mauritian Disability Link (AMDL), pour justifier l’interdiction au couple mauricien de pénétrer sur le territoire britannique. Les ségatiers Alain Ramanisum et Laura Beg ont en effet été accueillis de manière étrange par les services d’immigration à 6h20 GMT hier matin alors qu’ils venaient de débarquer à l’Heathrow Airport Terminal 4. Pour des raisons encore obscures, Alain Ramanisum et Laura Beg ont été conduits dans les locaux des services de l’immigration et devaient être informés qu’ils ne pouvaient accéder au territoire britannique. Entretemps, des contacts ont été établis avec l’executive committee d’AMDL pour informer des inconvénients rencontrés à leur arrivée. L’organisation, sous la responsabilité du mauricien Cader Hosenally – qui avait toutefois fait parvenir une lettre officielle au bureau de l’immigration en date du 6 mars pour la venue de ces deux artistes de réputation internationale –, a été visiblement pris de court par la tournure des événements à 24 heures du concert.
« The holders of this letter, M. Alain Ramanisum and Mrs. Laura Stephanie Beg are friends of the Anglo–Mauritian Disability Link. They are coming to London to help us to raise funds in a charity based event which will be hosted on the 9th March 2013 in Wood Green, London, N22, by Mauritius. They will also be visiting our charity shop at the above address which will be attended by members of the public », avait précisé Cader Hosenally dans la correspondance tout en soutenant qu’AMDL prendra en charge les frais de transport et autres dépenses des deux artistes, qui n’en sont d’ailleurs pas à leur première visite dans ce pays. Était ainsi prévu que ces derniers résident au 6 Cumberton Road, London, N17 7PA, alors que leur retour à Maurice était programmé pour demain, soit directement après le concert.
Les informations disponibles indiquent que, dans le courant de la journée, les autorités britanniques avaient même pris la décision de déporter le couple sur un vol fixé hier après-midi. Mais l’AMDL, par les soins du cabinet d’avocat Lambeth Solicitors, devait recourir à la High Court of London en vue d’obtenir une injonction contre la déportation d’Alain Ramanisum et de Laura Beg à Maurice. Avec le couple mauricien toujours entre les mains des services de l’immigration hier soir, Lambeth Solicitors a fait parvenir une lettre aux Chief Immigration Officer en guise d’ultimes négociations.
« Our instruction is that our clients have an impeccable immigration history and they have travelled to the UK a number of time and they have always complied with the immigration rules as well as with the conditions imposed by their Visa and left the UK at the intended return date. There is no indication that our clients will not return back to Mauritius at their scheduled return date this time. In addition, we would like to draw your attention to the fact that our clients are non-visa national and there is no requirements to obtain an entry clearance certificate before travelling to UK. We would be grateful if the above are considered in the light of our clients grant of entry to the UK », explique-t-on dans la lettre, avant de proposer, dans le « worst case scenario », de confisquer les passeports des artistes et de leur accorder l’admission temporaire durant 3 jours afin de leur permettre d’animer le concert.
Aux alentours de 22h30 hier, heure locale, aucune indication n’était disponible quant au fait si les autorités britanniques accepteront ou non la proposition formulée par les organisateurs du concert.
De son côté, dans une déclaration au Mauricien en début de soirée, le ministre des Affaires étrangères Arvin Boolell a fait comprendre que des consultations de nature diplomatique seront engagées si besoin est. « La Haute Commission n’a pas encore été informée du problème rencontré par le couple Ramanisum-Beg. Si cela se confirme, elle interviendra si besoin en vue de permettre aux deux artistes d’entrer sur le territoire. »