L’Ocean Dream, bateau de l’ONG japonaise Peace Boat, a fait une escale d’une journée à Maurice le mardi 15 janvier à l’occasion de son centième voyage global. Il s’agit d’un concept où un millier de passagers vont à la découverte d’autres pays et d’autres cultures à travers des tours sur place et des ateliers et lectures animés par des guest educators des pays d’escale ou qui ont travaillé sur des aspects intéressants de ces pays. Nous avons eu l’occasion de monter à bord du bateau qui promeut la paix, les droits de l’homme, le développement durable et le respect de l’environnement.

T.R.

Le mardi 15 janvier à 6h, l’Ocean Dream a accosté le Christian Decotter Cruise Terminal à Les Salines avant de reprendre son tour du monde à 18h. À son bord, un millier de participants, dont 70% de Japonais, avides de découvrir d’autres pays et d’autres cultures. Le bateau a quitté Yokohama au Japon le 26 décembre et passera par l’Afrique du Sud, la Namibie, le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay, le Chili, et Tahiti, entre autres, avant de regagner le Japon en avril. Le Peace Boat effectue trois voyages par an, en changeant de temps à autre de pays d’escales.

Une visite à bord permet de s’immerger dans ce concept, qui a comme but principal l’éducation à travers la sensibilisation. L’intérieur du bateau a des allures d’hôtel, avec ses onze étages, ses trois restaurants, des salles de conférences, des salles de détente, des espaces de jeux, une piscine, une salle de gym et même un Open air Japanese bath. “On s’imagine que voir les choses de ses propres yeux amène une meilleure compréhension d’une culture. Même si certains de nos passagers veulent simplement faire une croisière, beaucoup changent de perception pendant le voyage. Le Peace Boat est une maison loin de notre maison. Dans la plupart des cas, les participants de pays et de backgrounds différents sont à quatre dans une cabine et ne se connaissaient pas avant de vivre cette aventure. C’est la meilleure façon de mieux se connaître”, confie Louise Nygaard Sorensen, coordinatrice internationale du Peace Boat.

Ateliers et lectures.

La plupart des mille participants étaient en visite dans le pays lors de notre passage sur le bateau, mais nous avons quand même pu capter l’essence de ces voyages. Un des piliers du voyage, outre la visite des pays, ce sont les ateliers et lectures proposés aux participants. Ils sont animés par des guest educators appelés Mizuan. Il s’agit d’activistes, de musiciens, de journalistes, d’intellectuels qui, grâce à leurs présentations, permettent aux participants de s’imprégner davantage des pays qu’ils vont visiter et des cultures qu’ils vont découvrir. “Généralement, nous embraquons les Mizuan un peu avant d’arriver à une destination”, précise Louise Nygaard Sorensen. Sur ce voyage, plusieurs anciens guest educators ont été sollicités, à l’instar de Julian Thomas. Ce dernier a parlé de son travail autour de la prison de Pollsmoor, où il avait été incarcéré. Les précédents voyages ont accueilli quelques noms connus, comme les petits-enfants de Mahatma Gandhi et de Bob Marley.

Expérience unique.

Parmi les Mizuan sur ce centième voyage global, notre compatriote Percy Yip Tong, qui est monté à bord à Singapour. Ce dernier dit avoir vécu une expérience unique. “Mon voyage de Singapour à Maurice sur le Peace Boat a été très enrichissant humainement et professionnellement. J’ai été invité comme guest speaker bénévole pour présenter l’histoire, la situation politique, économique, sociale et surtout culturelle des îles du sud-ouest de l’océan Indien, avec un focus sur l’île Maurice. Une conférence était entièrement dédiée au séga et au seggae. J’ai parlé de mon vécu avec Ti-Frer et Kaya. Car on m’a aussi invité pour parler de ma vie et de mes activités artistiques dans la région et en Afrique.”

L’environnement est un des aspects les plus importants de l’ONG. “Nous sommes conscients que voyager autour du monde sur un gros bateau n’est pas très écologique, mais nous pensons qu’aller dans ces pays et rencontrer des gens est très important. Ceci dit, nous travaillons sur un projet de construction d’un Eco ship, qui devrait être le bateau le plus eco-friendly jamais bâti et qui utilisera l’énergie éolienne et solaire”, conclut Louise Nygaard Sorensen.

35 ans de voyage

Le Peace Boat fête cette année son 35e anniversaire. Le concept est né en 1983, à l’initiative d’étudiants japonais, en réponse à la censure du gouvernement suite à l’agression militaire perpétrée par le Japon dans la région Asie-Pacifique. “Ces étudiants ont affrété un navire pour se rendre dans les pays voisins, dans le but de recueillir des informations sur la guerre directement auprès de ceux qui l’avaient vécue et d’initier des échanges interpersonnels. Après le premier voyage, les gens demandaient continuellement quand serait le prochain. D’autres voyages ont ainsi été organisés avec la création de l’ONG”, explique Louise Nygaard Sorensen.