La nouvelle a eu l’effet d’une onde de choc planétaire quand elle est tombée jeudi soir. Zinédine Zidane, le coach du Real Madrid, a dit “stop” : la prochaine saison, il ne sera plus l’entraîneur de l’une des plus prestigieuses équipes de foot au monde, le Real Madrid.

Pourtant, celle-ci ne patauge pas dans la gadoue. Bien au contraire ! Pour preuve, les Merengue ont raflé leur troisième coupe consécutive de la Ligue des Champions pas plus tard que ce 26 mai ! Et Zizou, surnom affectif du joueur français, qui a défendu les couleurs de cette équipe espagnole avant d’en devenir le coach, a fait l’histoire en devenant le seul entraîneur à avoir brandi la Coupe aux grandes oreilles trois années d’affilée ! En dépit de tout cela, et au moment même où il surfe sur la plus haute vague, qu’il a le monde à ses pieds et qu’il pourrait satisfaire ses moindres caprices, Zizou, lui, a choisi la porte de sortie. Peut-être pour vivre de nouvelles aventures et connaître des sensations inédites : cela, le futur le dira. Mais une chose est sûre : cet homme adulé dans le monde entier préfère s’arrêter malgré le fait que tout va bien. Une sortie qu’il amorçe la tête haute, en pleine gloire.

Et ce départ est tout sauf un… coup de tête. L’option de Zizou nous donne ainsi beaucoup à réfléchir : si un grand comme lui, champion du monde avec les Bleus, en 1998, joueur émérite et de légende (hormis le fameux épisode de coup de boule de la finale France/Italie, en 2006, il n’a quasiment aucun élément négatif à son palmarès, tant comme joueur que comme coach) et entraîneur exceptionnel au palmarès éloquent, opte pour une sortie aussi humble, que devons-nous retenir ? Que de bonnes idées en fait.

Par exemple, on retient que plus on accomplit de belles et de grandes choses, plus on devrait gagner en modestie, en simplicité et se remettre en question perpétuellement. Voilà d’ailleurs un élément qui échappe à un certain nombre d’entre nous, et surtout à nos politiques, semble-t-il ! De tous bords confondus, soit dit. Par exemple, ce n’est pas parce qu’on occupe un siège d’élu ou de nominé politique qu’on peut avoir des lubies, comme ériger un abribus valant plus d’un million…

Déjà qu’en ce qu’il s’agit d’accomplissements, il faut commencer par nuancer. Effectivement, puisqu’inaugurer des jardins d’enfants, des salles de sport ou des spas, des terrains synthétiques, lancer des “workshop” à gogo et on passe : tout ça n’a rien de glorieux et ne s’apparente nullement à gagner des championnats, attiser la passion, susciter l’engouement, enflammer des cœurs… Les grandes réalisations, cela se mesure au développement et au niveau de vie d’un peuple.

En envisageant qu’un projet comme le Metro Express, par exemple, malgré le fait qu’il soit en train de défigurer une partie de Rose-Hill et qu’il ait déjà massacré l’espace vert de la Promenade Roland Armand, soit classifié de “réalisation” d’ici quelques années, dépendant de ce qu’il vaudra bien entendu, ceux qui sont derrière, et donc le gouvernement du premier Premier ministre non-élu de Maurice, Pravind Jugnauth, allait se permettre entre autres d’avaliser la nomination d’une proche de son propre clan à la tête d’institutions aussi vitales et sacrées que sont l’Electoral Supervisory Commission (ESC) et l’Electoral Boundaries Commission (EBC) ! N’était-ce le lever de boucliers, pour une fois unanime et solidaire, de l’opposition, Sharmila Sonah-Ori allait effectivement accéder à un poste important dans le fonctionnement de notre démocratie.

Non qu’elle soit la première ou l’unique Mauricienne à bénéficier d’un tel coup de pouce fortuit ! En effet, la liste des proches, parents, cousins et autres “petits copains” à être catapultés dans des sièges importants ne cesse de s’allonger. Il va sans dire que ce n’est là pas un fait nouveau : chaque régime qui se met en place positionne bien évidemment “ses” proches et éléments de confiance. Un peu comme une “récompense” pour “bons et loyaux services”. Quant à la méritocratie, elle est très souvent reléguée au placard ! Cette “culture” fait le tour du monde : des États-Unis de Trump à l’Inde de Modi en passant donc par notre île Maurice sous l’ère “papa-piti” des Jugnauth, la politique des “petits copains” est royalement pratiquée ! Il serait utopique de vouloir renverser cela. Mais l’on peut cependant aspirer à diminuer la dose, réduire les dégâts et rétablir la place de ceux qui méritent d’accéder à des postes à responsabilités pour leurs compétences avant tout.

Pour cela, il faudrait que nos politiques commencent par être honnêtes quand ils se regardent dans un miroir, avec pour but de se remettre en question. Et non pour s’auto-congratuler et s’y mirer avant de se fendre de déclarations pompeuses dans les médias !