Le Premier ministre a confirmé hier que le Ptr n’a pas l’intention d’organiser de meeting le 1er mai. « Nous avons décidé de laisser l’opposition faire ses discours stériles. Par respect pour les victimes, nous avons décidé que ce n’est pas le moment de faire du tam-tam », a soutenu Navin Ramgoolam. Il a observé qu’il a déjà le sentiment qu’il faut revoir la façon de célébrer le 1er-Mai. « Nous continuerons à respecter les familles qui ont perdu leurs proches et nous leur apporterons le soutien nécessaire », a-t-il dit.
Le Premier ministre a fait l’historique de la fête du Travail en rappelant que le 5 mars 1946, Emmanuel Anquetil avait fait une demande publique pour que le 1er mai soit une fête du Travail pour les travailleurs. Le 29 avril 1949, une motion en ce sens a été déposée par Guy Rozemont, dont l’adoption a permis de faire du 1er mai un jour férié. Depuis cette époque, la fête du Travail est célébrée le 1er mai. Cependant, au fil des années, elle a pris une autre tournure pour devenir un « tam-tam » des partis politiques. Ces derniers organisent des réunions, des congrès un mois à l’avance, le transport est organisé pour que les partisans puissent venir écouter le 1er mai les orateurs entre 9 h 30 et 13 heures « après pique-nique » et le lendemain donne lieu à la guerre des foules. Chacun revendique le fait d’avoir réuni la plus grosse foule.
Navin Ramgoolam a expliqué que depuis un certain moment, il réfléchit sur la façon d’organiser le 1er-Mai. Ces questions donnent lieu à un débat depuis certaines années. Il a observé que l’année dernière, il avait déjà souligné la nécessité d’organiser le 1er-Mai différemment. « Pour moi, cette façon de faire ne cadre pas avec l’idée de modernité que j’ai pour le pays. J’ai constaté déjà qu’une grande partie de la population souhaite que nous revoyions la façon d’organiser le meeting du 1er-Mai. Zot pa anvi trouv tam-tam politik. Nou finn plin ar palab ki deferle lor bann platform, sirtou MSM-MMM », a observé Navin Ramgoolam. Le Premier ministre a relevé que le niveau des débats a chuté, même au parlement. « Ena rekour a tou kalite palab, foste, atak steril, zet labou gramatin-tanto. » Il a estimé que la majorité des Mauriciens souhaitent avoir un débat d’idées et que l’opposition propose des alternatives. Or, « l’opposition n’a pas fait de proposition alternative. Nek palab, invansion, foste ek zet labou », constate-t-il.
« Je reçois beaucoup de lettres, des messages, entre autres sur Facebook, des jeunes qui souhaitent changer la façon de célébrer le 1er-Mai. Pour moi, il est clair que l’opposition est complètement déconnectée de la grande majorité silencieuse du pays », soutient le Premier ministre.
Par ailleurs, Navin Ramgoolam observe qu’une catastrophe naturelle sans précédent a coûté la vie à onze citoyens mauriciens. Cela a donné lieu à un élan de solidarité de toute la nation dans le but d’aider les familles qui ont tout perdu. De plus, a-t-il dit, toute la population mauricienne est traumatisée et beaucoup de victimes sont très proches du Parti travailliste. Ce qui a amené le Premier ministre à dire qu’aujourd’hui, à travers le pays, il y a un sentiment très fort qu’il faut une pause concernant la politique partisane le 1er mai par respect pour les familles des victimes. Il a affirmé que le Ptr a décidé de s’aligner sur le souhait de la population, surtout que la catastrophe ne date que d’un mois. « Nous avons décidé de laisser l’opposition faire son tam-tam et ses discours stériles. Par respect pour les victimes, nous avons décidé que ce n’est pas le moment de faire du tam-tam. Déjà nous avions le sentiment qu’il fallait revoir la façon de célébrer la fête du 1er-Mai. Nous continuerons à respecter les familles qui ont perdu leurs proches et nous leur apporterons le soutien nécessaire. »
Le Premier ministre a annoncé que le gouvernement dévoilera, lundi, une stèle en mémoire à ceux qui ont perdu leur vie lors de cette tragédie du samedi 30 mars.
Ce sera une cérémonie officielle à laquelle les familles qui ont perdu et leurs proches seront invités. Il n’y aura pas de discours. Nous nous recueillerons sur cette stèle.
Le Premier ministre a par ailleurs indiqué que des bons d’achat seront remis aux sinistrés du 13 février et quelques familles qui ont tout perdu le 30 mars mais qui n’avaient pu recevoir leurs chèques jusqu’ici.
Le mardi 30 avril sera consacré aux dépôts de gerbes au square Guy Rozemont, puis au Samadhi de SSR, sur les tombes de Razack Mohamed, de Renganaden Seeneevassen, de sir Satcam Boolell et d’Angidi Chettiar, James Burty David. La tournée se poursuivra après la cérémonie de remise de Vouchers avec des dépôts de gerbes devant la stèle de sir Kher Jagatsingh avant de se rendre au cimetière St Jean pour des dépôts de gerbes sur les tombes des autres tribuns, dont Emmanuel Anquetil, Guy Rozemont, sir Gaëtan Duval, sur les tombes de sir Harold Walter, Pandit Sahadeo et Dr Maurice Curé.
Le Premier ministre a précisé que des chèques seront remis aux familles des victimes après le conseil des victimes cet après-midi. Il n’a toutefois pas indiqué le montant qui sera remis. S’agissant des critères utilisés pour retenir les cas de ceux qui ont tout perdu, le Premier ministre a mentionné une enquête qui a été faite.
Par ailleurs, Navin Ramgoolam nie tout conflit entre le Ptr et le PMSD et observe que la décision de ne pas tenir de meeting engage l’alliance gouvernementale. À la question de savoir si cette décision ne constitue pas un aveu de faiblesse, il a observé que les élections auront lieu en 2015. Il a, d’autre part, pris contact avec Paul Bérenger avec qui il entretient de bonnes relations.
Concernant les raisons qui ont provoqué les inondations, le Premier ministre a rappelé avoir fait venir des experts. Il a insisté que le changement climatique joue un grand rôle dans ce qui s’est passé.
S’agissant du scandale de Ponzi Scheme, Navin Ramgoolam a observé qu’il est difficile de déceler ce genre de plans. Même aux États Unis, l’affaire Madoff a éclaté 28 ans après son lancement.