Rencontrant la presse hier après-midi, le leader de l’opposition, Paul Bérenger, s’est dit convaincu que ce sont les contribuables mauriciens qui seront appelés « à combler le trou financier de Rs 13,6 milliards » constaté par les ex-administrateurs spéciaux au niveau des comptes de la BAI Co. Il a dénoncé le fait que le ministre Roshi Bhadain a « fait de son mieux pour perdre du temps » dans le cadre de sa réponse à la Private Notice Question de mardi dernier, au point, dit-il encore, d’avoir été rappelé à l’ordre à plusieurs reprises par le Deputy Speaker Adrien Duval.
Commentant le rapport soumis par les ex-administrateurs spéciaux, Paul Bérenger a observé que ce document indique un trou de Rs 13,6 milliards, qu’il a qualifié « d’effrayant ». Le leader de l’opposition s’est ainsi dit « convaincu » que « ce sont finalement les contribuables qui auront à combler ce trou financier ». En plus de cela, a-t-il ajouté, à partir de 2016, « le gouvernement devra trouver un montant de Rs 3 milliards annuellement pour alimenter le système de “debentures”, qui a été mis en place ». Paul Bérenger a accusé les ministres Bhadain et Lutchmeenaraidoo de mener le pays et les salariés « vers une situation dramatique », avant de déclarer : « Ces deux ministres portent de lourdes responsabilités dans le cadre de l’affaire BAI. » Paul Bérenger a observé par ailleurs que la Banque de Maurice a déjà déboursé Rs 3,5 milliards, « même si ce n’est pas son rôle de le faire ».
Il a aussi déploré que le ministre Bhadain n’ait pas cru bon de relever le montant dans le cadre de l’achat de la Bramer Bank, dans laquelle le gouvernement a initialement investi Rs 200 M. Concernant les dépenses supplémentaires, rappelle Paul Bérenger, Roshi Bhadain « s’est contenté de dire qu’elles ne proviennent pas » du “consolidated fund”. « Il y a un refus de donner les chiffres et de jouer la transparence », a estimé Paul Bérenger, estimant cette attitude « choquante ».
Dans le même élan, le leader du MMM a critiqué le ministre Bhadain pour n’avoir pas pris la peine d’adresser une lettre de garantie aux 130 000 clients qui continuent de payer leur prime d’assurance en vue de leur pension. S’agissant des Rs 44 millions dues aux petits fournisseurs de Courts, Paul Bérenger s’est élevé contre le fait que, malgré son « insistance », le ministre Bhadain « maintient qu’il faut attendre la vente de Courts et que les banques obtiennent leur argent pour payer les fournisseurs ». Comme solution alternative pour le remboursement des petits fournisseurs, le leader de l’opposition propose que le gouvernement puise dans les différentes lignes de crédits dont il dispose en attendant la finalisation de la transaction avec Courts.
Au sujet de la clinique Apollo-Bramwell, Paul Bérenger a critiqué le ministre des Finances pour avoir annoncé qu’une ligne de crédit de six mois sera mise en place pour « mettre de l’ordre dans les finances d’Apollo », et ce sans pour autant préciser d’où proviendra cet argent. Face encore une fois au « manque de transparence », le leader de l’opposition soupçonne que « cet argent viendra de la poche des contribuables ». Paul Bérenger a rappelé qu’Apollo-Bramwell a une dette accumulée de Rs 2,5 milliards et perd Rs 50 millions par mois.
S’agissant d’Iframac, Paul Bérenger a observé qu’alors que le ministre Bhadain annonçait au Parlement qu’une transaction était en voie de finalisation avec FreetAfrica et Man Him, « FleetAfrica est repartie en se retirant de la transaction ». Abordant le chapitre de Courts, Paul Bérenger a observé que 200 personnes perdront leur emploi et que Courts India intentera des poursuites. « Tout cela indique que l’affaire BAI restera encore longtemps avec nous », a constaté le leader de l’opposition.