Dans sa tentative de dédouaner les autorités de toute responsabilité dans le drame humain qui s’est produit dans la capitale samedi dernier, la MBC ne recule devant rien pour apporter – sans jeu de mots – de l’eau au moulin du Premier ministre. C’est ainsi qu’elle a abondamment diffusé des images des inondations qui ont fait 56 morts en Argentine dans le courant de la semaine, et repris les dépêches d’agences étrangères comme France 24. Sauf qu’elle s’est arrêtée lorsque les inondations ont été imputées au changement climatique. Elle a censuré les passages comme ceux-ci : « Plusieurs responsables et experts montraient du doigt le changement climatique, mais aussi une urbanisation accélérée qui n’a pas pris en compte l’hydrographie des deux villes ». Ou encore : « « L’homme construit et pense dominer la nature. Des gens vivent sur des cours d’eau sans le savoir. Il n’y a pas suffisamment de parcs pour absorber l’eau et le système d’évacuation des eaux de pluie n’est pas en bon état », a indiqué à l’AFP l’architecte Roberto Livingston ». Les ressemblances avec les dénonciations enregistrées ici même étaient trop identiques pour être apparemment reproduites. Et, contrairement au réflexe moutonnier du bon peuple mauricien, à qui on fait tout oublier le temps d’une séance photo avec quelques personnalités, les Argentins eux ont commencé à descendre dans la rue pour exiger la reconstruction dans les meilleurs délais.