L’organisation du tirage de la Loterie nationale, dite Loterie verte, fait l’objet de contestation de la part d’un citoyen pour manque de transparence allégué. Veersen (Subash) Hurree, un habitant de Pailles, a consigné une déposition (référence OB 3126/11) aux Casernes centrales le vendredi 4 novembre dans laquelle il reproche plusieurs « manquements » au niveau des tirages de la Mauritius Government Lotteries.
Ces séances se déroulent chaque premier vendredi du mois au siège de la Loterie verte au Mutual Aid Building. Subash Hurree conteste le fait que lors de ces tirages, auxquels assiste le public, seul le secrétaire général (SG) du comité organisateur peut voir les numéros sortis. « Le public, lui, ne voit rien de là où il est assis vu que les numéros figurant sur les balles sont inscrits en petits caractères », déclare-t-il au Mauricien.
Ces balles sont contenues dans sept sphères, dont la dernière est de plus grande taille. Dans un premier temps, les six premières sphères sont déclenchées en même temps par un système à air comprimé. Les balles tournoient dans les sphères avant que l’une d’elle ne vienne s’emprisonner dans le casier surmontant la sphère, déclenchant du même coup la fermeture de celle-ci. C’est à ce stade de l’opération que le SG, muni d’un micro, lit à haute voix les numéros figurant dans le casier de chaque sphère en procédant de gauche à droite ; cette série de chiffres composera le numéro du billet gagnant. Le personnel de dactylographie – une demi-douzaine environ – tape sur leurs claviers respectifs reliés à un ordinateur les numéros que leur dicte un à un le SG. Ces numéros s’affichent ensuite sur un écran géant placé dans la salle. Puis le SG lit le numéro complet. Cet exercice est supervisé par des hauts cadres de la Loterie verte, tous membres du Lottery Committee.
L’on fait ensuite tourner la septième sphère qui contient une centaine de balles numérotées ; cet exercice consiste à désigner le lot qui sera attribué au récent tirage. Puis l’on vérifie sur l’ordinateur si le lot tiré a été vendu. S’il ne l’a pas été, l’on procède à un nouveau tirage tout de suite, cela jusqu’à ce qu’un billet vendu soit tiré. Cet exercice s’applique uniquement pour les 1er, 2e et 3e lots. Il n’y a pas de deuxième tirage pour les autres lots.
Pour Subash Hurree, « tout le monde doit pouvoir voir le numéro inscrit sur la balle sortante. Or, seul le SG voit le numéro tiré. Que se passe-t-il s’il fait une erreur ? S’il lit mal un chiffre, tout le tirage est faussé. Les détenteurs de billets sont pénalisés. L’erreur est humaine, cela peut arriver…tout comme la tentation de tricher. Je ne dis pas que c’est le cas actuellement, mais il faut éviter de créer des situations qui favorisent cette possibilité. » De même, déclare-t-il, tous les numéros, qu’ils soient vendus ou invendus, doivent être affichés ou publiés, ce qui n’est pas le cas actuellement. « Les clients doivent pouvoir choisir leurs billets pour le prochain tirage, en sachant que, selon la loi de probabilité, ses chances de voir ressortir un numéro déjà tiré ont diminué. »
C’est en se basant sur ces « manquements » que Subash Hurree s’est rendu à la Brigade des Jeux, qui l’a référé à la Gambling Regulations Authority (GRA). L’organisation de la Loterie nationale ne tombant pas sous la juridiction de ces deux instances, la GRA lui a conseillé de faire une déposition à la police. C’est ce qu’a formellement fait M. Hurree, qui prévient que si le prochain tirage se déroule de la même manière, « mo pou fer tapaz ». Ce tirage est prévu le vendredi 2 décembre.
———————————————————————————————————————————
Le SG de la Government Lotteries: « Un élément de confiance est indispensable »
Contacté pour un commentaire, le secrétaire général de la Government Lotteries rassure que « toutes les procédures sous les Government Lotteries Regulations sont suivies ». Oopmanew Chummun rappelle que les tirages ont lieu non seulement en public, mais aussi en présence de trois Supervisors of Draw dûment nommés par le ministère des Finances. C’est en effet ce ministère qui a la responsabilité de l’organisation de la Loterie verte. Le Lottery Committee comprend huit membres.
« Dans toute procédure, il est indispensable d’avoir un élément de confiance. D’ailleurs si le tirage se fait en public, c’est pour que celui-ci puisse attester des résultats, qui sont vérifiés par les Supervisors of Draw », déclare M. Chummun. De plus, soutient-il, les revendeurs et distributeurs y assistent. Pour des raisons pratiques, ajoute-t-il, il n’est pas possible de prolonger indéfiniment le tirage en cas de lot invendu et retenir ainsi le public assis pendant de longues heures.
S’agissant de l’argent attribué aux lots qui ne trouvent pas de gagnant, la somme est reportée sur le tirage suivant, augmentant ainsi la valeur des prix. « De même tous les lots, vendus et invendus, sont consultables par le public sur demande. Si on ne les affiche pas c’est uniquement pour les mêmes raisons pratiques car cela donnerait une liste interminable. » Enfin Oopmanew Chummun rassure : « Nos comptes sont régulièrement audités. Les rapports du directeur de l’Audit peuvent attester de leur transparence. »
Invité à dire s’il est possible de permettre à un membre du public présent au tirage de vérifier si les numéros annoncés sont bien ceux qui ont été tirés, le SG de la Government Lotteries déclare que tout système peut toujours être amélioré.