Hormis les panneaux qui guident les automobilistes vers Balaclava, deux autres panneaux marqués « Balaclava Public Beach » sont visibles sur la route menant à ce village côtier. N’importe quel citoyen pourrait ainsi croire que cette plage est publique. Or, il s’avère que presque la moitié de la plage est louée à bail et « appartiendrait » ainsi à l’hôtel Oberoi, et ce depuis 2009.
Il y a environ un mois, un groupe d’habitants de Balaclava a été interpellé par la présence de gros rochers alignés sur une partie de la plage publique, le long du mur de l’hôtel Oberoi. Ces villageois ont par la suite découvert que cette plage a été cédée à bail à l’hôtel… depuis 2009. D’ailleurs, il y a deux semaines, c’est un des responsables de cet établissement hôtelier qui le leur a fait part, au cours d’une rencontre avec eux.
Cette situation fait qu’aujourd’hui, les membres de la Residents’ Association de Balaclava, par le biais de leur président, s’interrogent et demandent des explications aux autorités concernées. « Balaclava est une plage fréquentée par des milliers de personnes sur une base journalière. Pendant la semaine, les joggers y viennent courir, et pendant le week-end, ce sont des familles entières qui viennent profiter de la plage. Comment a-t-on bien pu accorder notre plage, la plage des Mauriciens, à un établissement hôtelier ? », se demande-t-il. Selon notre interlocuteur, ce sont surtout les habitants d’Arsenal, de Triolet et de Balaclava qui fréquentent cette plage « publique ».
Contacté par téléphone vendredi après-midi, un des responsable de l’Oberoi a effectivement confirmé cette information. Selon ses propos, ce terrain de moins de deux arpents leur « appartient » bien. « C’est notre terrain, nous pouvons en faire ce que nous voulons. Mais dans l’immédiat, il n’y a aucun projet de développement », indique ce porte-parole.
Pour sa part, le président de l’association déplore vivement le fait que les habitants de Balaclava et des régions avoisinantes puissent se retrouver interdits d’accès à la plage. « L’hôtel prendra 60 m à partir du mur de 125 m de long. Ce qui équivaudra à plus de la moitié de la plage de Balaclava, qui s’en ira. Nous sommes devant un fait accompli. Que pouvons-nous bien faire, à part rester les bras croisés ? Tous les permis de l’hôtel sont en règle. Je trouve qu’il est quand-même dommage de donner ce qui appartient à l’État – donc à tous les Mauriciens, puisque la plage relève du domaine public – à des groupes hôteliers », a-t-il encore déclaré.
Il ne restera aux habitants, explique le président, presque rien, à part un petit bout de plage entre les établissements hôteliers du Grand Maurician et Le Maritime. Parcelle qui, il faut le souligner, n’est pas décrétée plage publique. « Et si l’Oberoi décide de clôturer le terrain, il nous faudra faire un détour pour accéder à la mer », conclut-il.