En marge des élections villageoises, Le Mauricien a mis le cap sur la région ouest de l’île. Comment s’y déroule la campagne ? Alors que le calme semble régner dans certaines localités, Flic-en-Flac est davantage soumis à la tension d’une lutte acharnée entre des formations qui donnent de la voix. La proximité avec les habitants de l’Ouest en vue de régler des problèmes d’ordre pratique demeure la première des priorités pour bon nombre de formations politiques. Nous avons rencontré quelques candidats en lice pour le scrutin de demain.
Jean François Innassee, candidat du Groupement social de Flic-en-Flac (GSF) nous conduit au quartier général où nous rencontrons Deeplall Maneeram, président, qui, d’emblée, nous montre un quotidien. « Regardez ce que notre adversaire dit à notre sujet ! », s’indigne-t-il. Le Groupement Rassembleur Flic-en-Flac y a notamment soutenu (GRF) que le GSF aurait proféré des insultes à son encontre. Ce que récuse séance tenante le leader de cette formation, Deeplall Maneeram.
La GSF dit représenter les jeunes comme les personnes âgées. « Les jeunes constituent l’avenir. Mais il ne faut pas oublier que sans nos aînés, nous n’aurions pas ce dont nous sommes en présence aujourd’hui », estime le président.
Nos interlocuteurs, au cours d’un constat à la plage de Flic-en-Flac, affirment que « les activités sportives sont délaissées ». Et le président d’énumérer dans ce contexte que « les bancs sont en mauvais état, les balançoires, cassées, le terrain de foot est à l’abandon… » Selon M. Maneeram, « Flic-en-Flac, bien qu’étant un lieu touristique, est dans un état insalubre. C’est une honte. Je me suis porté candidat car je souhaite faire évoluer les choses ».
A l’Avenue des Bengalis, l’accent est toujours mis sur le sens pratique ou encore sur les éléments qui rythment le quotidien des habitants de la région. Et ce, sans pour autant perdre cette propension à la polémique qui anime nos interlocuteurs. « Je suis chauffeur de taxi et Deeplall Maneeram est sculpteur sur glace. Notre adversaire dit que nous ne sommes pas des intellectuels. Devons-nous être des intellectuels pour remédier à un problème de drains dans la région ? » s’interroge Jean François Innassee, en nous désignant des travaux à être effectués à Flic-en-Flac.
Cependant, à Albion, les préoccupations étaient tout autre allant des questions relatives au projet de CT Power au dîner pour personnes âgées, en passant par les intérêts des jeunes. Nous sommes allés à la rencontre de Jimmy Lewis Baker, ex-chanteur du groupe Les Marquises et membre du Mouvement Albion, l’équipe sortante. M. Baker nous assure que le Mouvement Albion fera tout pour empêcher l’implantation de la centrale thermique à charbon dans la localité. « Pour les protestations, on est là », laisse entendre le candidat.
Par ailleurs, il nous parle du dîner que le Mouvement Albion a organisé jeudi à l’intention des personnes âgées. Mais, a tenu à préciser notre interlocuteur, il ne s’agit pas de « bribe électoral ». « Nous organisons ce dîner tous les ans », soutient-il. Comme bon nombre de citoyens responsables, c’est la misère des gens qui l’aurait poussé à s’engager dans la politique active. « Je suis très sensible à ce sujet », souligne Jimmy Lewis Baker.
À Tamarin, Micheline Ricot et Lisabye Rutnoo, membres de Solidaire Tamarin (ST), nous font part de leur lutte. « Au début, on n’a pas accepté que je me porte candidate à ces élections mais j’ai foncé malgré tout », confie M. Ricot. « On n’avait pas besoin d’un quota pour intégrer les femmes dans notre équipe. Il y avait déjà des femmes auparavant », déclare Michel Zephir, leader du groupe. Il nous laisse notamment entendre que les femmes sont en force à Tamarin et que les candidatures féminines ont été privilégiées avant tout par conviction politique.