On lui doit le scat et, surtout, sa grande influence sur le jazz. Louis (à prononcer à la française) Armstrong s’est éteint il y a 43 ans, en léguant un héritage musical inestimable. Portrait d’un homme hors du commun.
Peu de musiciens auront, à l’instar de Louis Armstrong, laissé aussi longtemps leur empreinte sur la scène musicale. Mais celui que l’on prénommait aussi affectueusement Satchmo, ou quelquefois même Pops, était de cette trempe d’homme qui, enraciné dans le gospel et le blues traditionnel, a su inspirer aux mouvements musicaux de son époque un souffle nouveau. Un vent de créativité qui a su défier le temps, au point que cette “brise armstrongienne” continue toujours, 43 ans après sa mort, de rafraîchir des plus avertis des mélomanes aux simples amateurs de jazz et autres admirateurs de ses talents de trompettiste et de showman.
Louis Daniel Armstrong voit le jour le 4 août 1901 en Louisiane, et plus exactement à la Nouvelle-Orléans, dans une famille aux revenus modestes. Son enfance aura été d’autant difficile que le petit garçon ne connaîtra jamais son père, William, qui, ayant décidé de quitter le foyer familial, l’aura laissé entre les mains de sa mère et de sa grand-mère dans une Amérique où les discriminations raciales sont légion. La vie, c’est vrai, n’est pas facile pour le jeune Louis. Aussi celui-ci trouve-t-il rapidement refuge dans la chanson. Et c’est d’ailleurs enfant qu’il chante pour la première fois dans les rues de son quartier, accompagné de quelques amis.
Vivant dans un quartier “difficile”, Louis est loin d’être un enfant de choeur. Cela se constate sur les bancs de l’école, mais pas seulement. Plusieurs fois, il est d’ailleurs renvoyé pour des actes de délinquance (notamment pour avoir tiré en l’air avec une arme à feu pour célébrer la nouvelle année) dans un foyer spécial, dédié aux enfants de couleur abandonnés. Son passage dans ce centre n’aura pas que des effets négatifs. C’est même là qu’il apprendra à jouer du cornet à pistons dans l’orchestre du refuge. Aussi, après l’une de ses sorties, probablement assagi, le jeune Louis commence à jouer de cet instrument dans les cabarets de Nouvelle-Orléans.