Luan, jeune Guadeloupéenne de 15 ans, est née avec une maladie génétique appelée l’amaurose congénitale de Leber, qui l’a rendue malvoyante. Cela ne l’a pas empêchée d’être une talentueuse chanteuse et une musicienne aguerrie. Dimanche, elle partagera la scène de l’auditorium Octave Wiehe avec Jane Constance, sa « soeur de coeur ». Luan veut devenir écrivain pour défendre la cause des handicapés. Pour l’instant, c’est à travers la chanson qu’elle s’exprime et souhaite que son parcours soit un exemple pour d’autres handicapés.
Ses petites mains parcourent l’ordinateur en braille. « Cela me permet de faire du Skype, de chatter, d’envoyer des mails ». Luan Pommier est à sa première visite à Maurice. « C’est moins chaud que chez moi en Guadeloupe. Je ne trouve pas les mots pour expliquer mon parcours musical, c’est à trois ans que j’ai posté ma première vidéo sur YouTube en chantant du Alicia Keys ». Elle marque un arrêt et parle de sa vie partagée entre la France et la Guadeloupe, où elle vit avec sa mère, son frère et ses deux soeurs. Toujours un petit mot d’affection pour Lucette, sa mère qui l’encadre et qui était à ses côtés hier matin au boardroom d’Omnicane. « C’est Luan qui me donne la force, elle a tout reçu de Dieu. Je n’ai jamais eu à me plaindre », affirme cette dernière. Sa passion, Luan Pommier la puise dans le chant. Dans les chorales de son église, qui ont été un point de départ. Elle a participé à de nombreux concours de chants et passé des castings, en Guadeloupe et en France. Très vite, Luan Pommier axe la conversation sur son handicap, en disant que ce n’est pas une contrainte, mais une chance d’aller de l’avant. « On voit avec les yeux du coeur, c’est la raison pour laquelle je me suis aussi engagée dans de nombreuses actions qui touchent les personnes dites en situation de handicap ».
Multi-instrumentaliste, Luan joue du piano, de l’harmonica et du djembé. « Tout me plaît, je fais aussi du judo, de la sculpture, et j’apprends à l’école ». Parlant de Jane Constance, elle raconte que « lorsque nous avons chanté ensemble à l’Unesco, j’ai demandé à Jane si elle voulait être ma soeur de coeur. Elle m’a dit un grand oui ». Petit moment d’émotion…
Luan est une jeune fille sensible aux gens qui l’entourent et elle fait fi de son handicap en puisant sa force dans la musique. « C’est ma passion, ma source de réconfort. Il faut que les gens voient les handicapés autrement. Chacun de nous a un talent dans son coeur. On doit le développer pour briller comme une étoile ». Luan Pommier souhaite devenir écrivain, pour aider les autres handicapés. « Le handicap permet d’être plus réceptif aux choses qui nous entourent. Chaque émotion de l’autre est ressentie, vécue. Je veux défendre la cause des handicapés, faire qu’il y ait une justice égale ».
Scolarisée en milieu ordinaire, Luan Pommier fait de brillantes études au point d’être déjà au Lycée avec pour sujets l’art et la musique. Elle travaille sur son album dont elle donnera un aperçu dimanche au cours du concert. « J’écris mes chansons, dont l’une qui parle du divin, fils de Marie ».