C’est à la Taylor’s University de Selangor, non loin de Kuala Lumpur en Malaisie, que Luciano Azor poursuit ses études de droit en vue de décrocher un Bachelor of Laws. Le jeune homme, âgé aujourd’hui de 20 ans, était l’élément surprise de la cuvée 2017 aux résultats de Higher School Certificate de Cambridge. Ancien élève de SSS Triolet, Luciano Azor avait non seulement fait la fierté de son établissement — en étant le premier boursier du collège —, mais aussi celle de sa famille et de son quartier, Résidence Mère Teresa.

Il y a un an, précisément le 5 février 2018, peu après la proclamation des résultats, tous les regards étaient braqués sur ce lauréat particulier. Ses origines modestes, son père est maçon et sa mère cleaner, et sa persévérance, faisaient de lui un symbole. Une année plus tard, les choses ont évolué pour le boursier. De Résidence Mère Teresa à la Malaisie, le chemin a été long. Et Luciano Azor, qui s’était aussi distingué par sa verve et en parlant de son rêve d’embrasser la profession légale, marche déjà vers ses ambitions. De retour dans sa cité, où il est venu se ressourcer depuis décembre dernier avant de regagner la Malaisie et d’autres cieux, le jeune homme confie avoir aussi renoué avec Rodrigues, l’île natale de sa grand-mère. « J’y vais chaque année pour voir ma grand-mère qui habite à Baie-Topaze », confie l’étudiant.

Mais après avoir profité de la quiétude rodriguaise, Luciano Azor a accordé une oreille attentive à la polémique autour des 4-5 credits obligatoires en School Certificate pour accéder à une place en Grade 12 (Lower Six). Et c’est sans détour que l’étudiant, qui n’a décroché que des distinctions au School Certificatedit adhérer à cette nouvelle décision du ministère de l’Éducation.

« Si on veut accéder à des études supérieures, il faut être en mesure de donner le meilleur de soi-même le plus tôt. Pour être arrivé là où je suis, malgré les conditions difficiles, je ne peux être contre les 4-5 credits. Je compare les résultats et la performance académique à la salle de sport. Beaucoup de jeunes veulent d’un corps musclé. Lorsqu’ils vont en salle de sport, ils souffrent et se plaignent des courbatures. Mais ils persévèrent parce qu’ils savent que les courbatures vont payer et qu’ils auront un corps sculpté. C’est pareil pour les études, il faut travailler dur », philosophe le jeune homme. Toutefois, l’étudiant est d’avis que le gouvernement devrait mettre en place des programmes alternatifs pour ceux qui n’ont pas le potentiel académique pour rester dans le mainstream jusqu’à la fin de leurs études secondaires.

De ses études dans une des plus prestigieuses universités de Malaisie, Luciano Azor confie qu’il est toujours en apprentissage purement théorique. Mais la Malaisie, dit-il lui, a offert l’opportunité de découvrir d’autres cultures. « D’une part, les étudiants viennent du monde entier, ce qui me donne l’occasion de connaître des cultures variées et, d’autre part, le pays est fascinant. Les Malaisiens sont très gentils », explique Luciano Azor. Se focalisant sur ses études, le jeune homme concède néanmoins que les perspectives d’emploi à l’étranger détermineront son retour au pays. En attendant de mettre le cap sur Kuala Lumpur, ou ailleurs, il profite de chaque instant avec ses proches.