FIROZ GHANTY

La Première Guerre Mondiale opposa les Alliés, la France, la Grande-Bretagne, la Belgique, le Portugal, l’Italie, la Grèce, la Russie, la Serbie, la Roumanie, le Japon, la Chine, les États-Unis et plusieurs états sud-américains aux Empires Allemand, Austro-Hongrois, Ottoman et à la Bulgarie. Les Alliés victorieux procèdent au dépeçage des Empires vaincus, se partageant les territoires en Europe même, mais surtout les colonies. Cette guerre entraîne dans le massacre les populations des colonies, qui n’avaient rien à y faire.
Le Diktat de Versailles, la République de Weimar et le Krach de 1929 sont le terreau sur lequel Hitler et le Parti Nazi vont prospérer. Adolf Hitler devient Chancelier et Führer du IIIe Reich le 30 janvier 1933. Il va occuper militairement toute l’Europe. D’abord les pays germanophones limitrophes pour reconstituer le Grand Reich, ensuite ceux considérés comme légitimes pour les besoins du Lebensraum, l’Espace Vital. Et l’objectif ultime, conquérir le Monde pour asseoir la suprématie de la Race Aryenne. L’incorporation de Danzig au IIIe Reich le 1er septembre 1939 et l’invasion de la Pologne serviront de détonateur au déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale. La France déclare la guerre le 3 septembre 1939 à l’Allemagne en vertu des accords de défense avec la Pologne. Le Royaume-Uni, allié de la France, entre en guerre et c’est toute l’Europe qui s’embrase sous le Blitzkrieg, la guerre éclair. Le 20 juin 1941, Hitler lance l’Opération Barberousse contre l’URSS, malgré le Pacte Germano-Soviétique signé l’année précédente par leurs ministres des affaires étrangères, Joachim Von Ribbentrop et Viatcheslav Mikhaïlovitch Skriabine, dit Molotov. À l’hiver 1941-42, l’offensive allemande est stoppée aux portes de Moscou. La Bataille de Stalingrad, le verrou du sud, du 17 juillet 1942 au 2 février 1943, aboutit à la reddition du Maréchal Friedrich Paulus, commandant des troupes allemandes du Front de l’Est, signant la première défaite allemande. La contre-offensive de l’Armée Rouge ira jusqu’à Berlin.

Guerres impérialistes

Le 30 avril 1945, Adolf Hitler se suicide. Le 2 mai, le Drapeau Soviétique flotte sur le Reichstag. Le 7, le Général Alfred Jodl et l’Amiral von Friedeburg, envoyés de l’Amiral Karl Dönitz, successeur désigné par Hitler, signent la Capitulation et la Reddition de toutes les forces armées allemandes. La fin de la Seconde Guerre Mondiale, avec la Conférence de Yalta, 4-11 février 1945 réunissant Roosevelt, Churchill et Staline, et la Conférence de Potsdam, juillet-août 1945 entre Staline, Truman et Churchill (puis Attlee) définissent les principes de contrôle de l’Allemagne vaincue et la partition de l’Europe.

Le 2 mai 1945, le drapeau soviétique sur le Reichstag, symbole d’un siècle des extrêmes (© Yevgeny Khaldei/Corbis)

Les deux guerres mondiales étaient des guerres impérialistes. « L’impérialisme est le stade suprême du capitalisme » – Karl Marx. Le fondement du capitalisme, c’est l’accumulation du capital, c’est-à-dire, la reproduction élargie du capital par l’incorporation croissante de plus-value. Le capitalisme a besoin systématiquement d’accroître la productivité, d’exploiter les forces productives que sont les travailleurs, de développer de nouveaux marchés, d’accaparer les matières premières et les ressources naturelles en soumettant les pays et les peuples qui les détiennent. Des monopoles se constituent et les états sont leur outil politique. La guerre est l’instrument de coercition du capitalisme. En exemple pour démontrer ce qu’est l’impérialisme dans les faits. Les plus grands groupes industriels allemands, Krupp, Thyssen, Mercedes, Siemens (fabriquant du Zyklon B, gaz utilisé dans les camps d’extermination, dont Auschwitz-Birkenau), existaient déjà avant la guerre. Ils participèrent directement en fabriquant les Panzer, chars d’assaut de la Wehrmacht, les avions de la Luftwaffe, entre autres. Ces groupes sont encore les fleurons de l’industrie allemande.

Tirant les enseignements de ces tragédies meurtrières, environ huit millions de morts civils et militaires à la Première et entre quarante et cinquante-deux millions de pertes civiles et militaires à la Seconde, les Européens finissent par comprendre qu’il faut unifier le continent, inventer un modèle de développement pour la prospérité et la paix communes. La Seconde Guerre Mondiale impliquera encore plus massivement les peuples des colonies dans la boucherie. Les guerres impérialistes se transportent hors d’Europe. Déjà entre les deux guerres, dans certaines colonies commencent les révoltes contre les pouvoirs coloniaux. L’Inde au XIXe siècle est en révolte, l’Indian National Congress est fondé en 1885. L’Égypte accède à l’Indépendance en 1922. Pendant la Seconde Guerre, les luttes s’estompent parce que le monde est impacté par la confrontation générale contre l’Allemagne Nazie, sauf certaines tentatives malheureuses comme celles du leader indépendantiste indien Subhas Chandra Bose ou le Grand Mufti de Jérusalem, Amin Al-Husseini, qui s’allient à l’Allemagne contre le colonialisme anglais. Dès la fin de la guerre s’engagent sur tous les continents les Guerres de Libération Nationale.

Rideau de Fer

Mais la situation en Europe n’est pas encore stabilisée. L’Allemagne est divisée en quatre secteurs d’occupation, trois entre américain, français et anglais à l’ouest et l’Union Soviétique à l’Est délimité par la Ligne Oder-Neisse, de même pour Berlin qui se trouve en zone soviétique. Dans son discours de Fulton, Mississippi, le 5 mars 1946, Winston Churchill reprend et popularise l’expression Rideau de Fer, parlant de la frontière entre l’Est et l’Ouest. Cette expression datant de 1918 est une évocation de la disparition de la Russie Impériale des Romanov par l’écrivain russe Vassili Rozanov.

Le 24 juin 1948, réagissant à la décision des Alliés d’instaurer une monnaie unique, le Deutsche Mark, dans leurs zones d’occupation, l’URSS applique un Blocus total sur Berlin-Ouest. Les Alliés répondent par un Pont Aérien pour empêcher l’asphyxie. La partition est consacrée par la transformation de l’ouest le 23 mai 1949 en République Fédérale d’Allemagne (RFA) et le 7 octobre par la République Démocratique Allemande (RDA). Le territoire de l’URSS et de ses alliés couvre toute l’Europe de l’Est, de la Crimée à la Baltique. Les États-Unis à l’Ouest aident à la reconstruction de l’Europe avec le Plan Marshall. La tension s’accroît avec l’hostilité latente, la menace permanente de la guerre entre les pays occidentaux et ceux de l’est entraînant la construction du Mur de Berlin le 31 août 1961. Les États-Unis assurent la défense de l’Europe avec l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, OTAN en 1949. L’URSS en 1955 signe avec les Démocraties Populaires de l’Europe de l’Est le Pacte de Varsovie. Ce face-à-face, la Guerre Froide, durera jusqu’à l’implosion de l’URSS en 1991.

Le Traité de Bruxelles du 17 mars 1948 sera suivi par Le Traité de la CECA de 1951, qui installe concrètement l’Europe des Six, Allemagne, France, Italie, Luxembourg, Belgique et Pays-Bas, puis en 1954/55 les Accords de Paris, 1957/58 le Traité de Rome et le Traité Euratom, 1965/67 le Traité de Fusion, 1975/76 mise en place des institutions officieuses, 1986/87 l’Acte Unique Européen, 1992/93 le Traité de Maastricht, 1997/99 le Traité d’Amsterdam, 2001/03 le Traité de Nice et 2007/09 le Traité de Lisbonne sont les différentes étapes de la construction européenne (source Internet).

À suivre: « DE L’EUROPE DES SIX À L’ÉLARGISSEMENT DE 2004 »

« Tirant les enseignements de ces tragédies meurtrières, environ huit millions de morts civils et militaires à la Première et entre quarante et cinquante-deux millions de pertes civiles et militaires à la Seconde, les Européens finissent par comprendre qu’il faut unifier le continent, inventer un modèle de développement pour la prospérité et la paix communes »