Une parenthèse. Un coup de vent. Le directeur de l’Independent Commission against Corruption (ICAC) est parti aussi vite qu’il est arrivé. Lutchmyparsad Aujayeb n’aura fait qu’une année à la tête de l’ICAC, du 31 décembre 2014 au 31 décembre 2015. Il retourne au State Law Office ou il était l’adjoint au Parliamentary Counsel. Clap de fin sur un parcours mouvementé.
L’arrivée de Lucthmyparsad Aujayeb s’est faite dans un climat de confusion totale suivant une situation de siège au Quai D. La police avait investi les locaux de l’ICAC pour faire partir Anil Kumar Ujodha, le nominé de Ramgoolam, et prendre possession des dossiers en suspens. La cause était entendue.
Le nouveau directeur s’installe le 31 décembre 2014 avant même que le leader de l’opposition, dont l’obligation de consultation est inscrite dans la loi régissant l’ICAC, n’ait eu le temps de donner son opinion sur ce choix personnel du nouveau Premier ministre, sir Anerood Jugnauth. C’était mal parti. Paul Bérenger fait ensuite savoir qu’il n’aurait pas donné son aval à cette nomination. D’autant que l’on apprend en parallèle qu’il est le gendre d’un ancien secrétaire général du MSM, Vishwanath Sajadha.
Et lorsqu’on lui adjoint les services de deux caciques connus pour leur proximité avec le Sun Trust, Narain Krishna Peerun, ancien directeur des Services de renseignements, alors que SAJ était Premier ministre et Shakilla Jungeer, une candidate ratée du MSM présentée en grande pompe en mars 2015 au titre de nouvelle recrue du parti de Pravind Jugnauth, la boucle est comme bouclée et la mainmise politique sur l’ICAC confirmée.
Que la commission Version Lepep démarre très mal n’étonne ainsi pas grand monde. L’approche vis-à-vis du dossier Medpoint et de Pravind Jugnauth change immédiatement. Plus d’objection au désir du prévenu de quitter le pays et modification radicale du ton des enquêteurs de la commission au procès du leader du MSM, ce qui ne l’empêchera pas d’être condamné à 12 mois de prison.