La situation entre la lutte rodriguaise et la Fédération mauricienne de Lutte (FML) a pris une nouvelle dimension. Cela après la décision de cette dernière de suspendre la lutteuse Joyce Milazar pour une période de trois ans « for gross misconduct ». Il est reproché à la lutteuse, première médaillée (bronze) mauricienne aux Jeux de la Francophonie en septembre dernier, à Nice, en France,  d’avoir fait des déclarations intempestives dans un journal en septembre toujours et de ne s’être pas ensuite présentée devant un comité disciplinaire le 30 octobre dernier, à 18h30, au siège de la fédération à Vacoas. Il est aussi rappelé à Joyce Milazar son attitude négative envers les membres de la fédération le 16 mai dernier…soit plus de six mois après !
C’est le début de l’escalade entre le comité régional de lutte de Rodrigues et la FML, serait-on tenté de dire. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase demeure la longue suspension de trois ans infligée à Joyce Milazar, une sportive très appréciée dans l’île eu égard à ses performances réalisées sur le plan international. Il est reproché à la lutteuse d’avoir fait des déclarations à la presse ayant causé, selon la fédération, préjudice à son image, mais aussi à la Commission des Sports et au ministère de la Jeunesse et des Sports entre autres.
Dans une lettre en date du 26 septembre, adressée à Joyce Milazar et signée Olivier Binette, il est stipulé: « you deliberately stated that the coach Mrs Clairmène Roussety that the aforesaid Federation has placed at your disposal to support and assist you in this mission was not a technical coach to properly lead to success action. As consequence this has got negative effect on your performance. » La fédération a aussi déploré le fait  que la lutteuse ne s’est pas présentée devant un comité disciplinaire le 30 octobre dernier et ce, sans même l’avertir de son absence.  
Ce qui est encore plus surprenant dans cette affaire c’est que la FML a indiqué, dans sa correspondance en date du 4 novembre: « we would like to recall you that on 16th may 2013, Federation has served you a letter of concern for insubordination whereby you were requested to take corrective measure about your negative attitude towards members of the Federation. » Un rappel qui intervient après un peu plus de six mois et qui n’a visiblement pas laissé insensible la Commission des Sports à Rodrigues. Selon des informations dignes de foi, nous avons appris que des démarches sont en cours auprès des hommes de loi et que la commission compte saisir la justice pour renverser cette décision.
Le comité régional était également suspendu jusqu’à nouvel ordre dans un courrier en date du 26 septembre dernier. Cela en raison du fait que les informations soumises le 27 août dernier par rapport à une enquête de la fédération étaient jugées infondées. « Managing Committee has established that these informations are unfounded which give reason to our reasonable suspicions that your Regional Committee and yourself (Ndlr: Clairmène Albert) as President of the same are actually illegitimate. », peut-on lire. D’autres faits sont reprochés au comité régional, notamment celui d’avoir terni l’intégrité et la crédibilité de la fédération auprès de la Commission des Sports dans une déclaration à une radio.
Il n’empêche que dans ce cas précis, la FML a enlevé cette suspension à la suite d’une demande du ministère de la Jeunesse et des Sports. Cela suite à l’interprétation donnée par le State Law Office (SLO) sur les pouvoirs de la FML de suspendre un comité régional et ce, en vertu du Sports Act et des règlements de la fédération. Dans une correspondance en date du 13 novembre, la FML a informé le comité régional que la suspension avait été levée depuis le 23 octobre 2013, soit 21 jours plus tard !
Au niveau de la communauté sportive rodriguaise, on déplore avec force la façon d’agir de la FML. Selon nos sources, tout aurait débuté en janvier de cette année lorsque Clairmène Roussety avait écrit à la FML, en sa capacité de présidente du comité régional et membre élue de la fédération, pour demander les raisons pour lesquelles elle n’était pas invitée aux réunions du comité directeur de la fédération. Elle avait également soulevé plusieurs points dans une lettre adressée à la FML.
Au fil des mois, la situation s’est détériorée et cette année, l’entraîneur national Alec Albert a même été remplacé par Antonio Deux Novembre. Ce même Alec Albert qui avait permis à la République de Maurice de décrocher, lors des Jeux des Iles de l’océan Indien de 2007, à Madagascar, ses trois premières médailles d’or grâce à Clairmène Roussety, Joana Young Chen Ying et Marie Danèle Roussety ! Cette dernière avait, par la suite, décroché une médaille de bronze au tournoi de Tourcoing en France, une compétition internationale très relevée et réservée aux filles. Quant à Joana Young Chen Ying, qui étudie actuellement en Australie,elle a récemment remporté la médaille d’or aux championnats nationaux de ce pays.