L’Union européenne (UE), par la voix de son ambassadeur à Maurice, Marjaana Sall, a plaidé en faveur d’efforts collectifs et de mesures préventives dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (Anti-Money Laundering and Combating Financing Terrorism, ou AML/CFT). C’était hier en début d’après-midi lors de la cérémonie de clôture d’une semaine de formation organisée à son siège à Ébène par Afritac South à l’intention des professionnels d’une douzaine de pays d’Afrique australe.
Le centre de formation d’Afritac South, une initiative du Fonds monétaire international (FMI) soutenue financièrement par diverses instances internationales et régionales, vise à rehausser les capacités des décideurs et professionnels des pays d’Afrique australe dans plusieurs domaines relevant de la gestion économique et financière. Outre Maurice, pays hôte du centre de formation, plusieurs pays africains bénéficient de l’apport d’experts désignés par le FMI et ses partenaires pour animer les programmes de formation ainsi que des cadres de l’Afritac South pour ce qui est de la logistique. Les pays concernés sont l’Angola, l’Afrique du Sud, le Botswana, le Lesotho, Madagascar, Maurice, le Mozambique, la Namibie, les Seychelles, le Swaziland, la Zambie et le Zimbabwe.
Lors de son intervention à la clôture du séminaire, l’ambassadeur de l’UE a appelé à une « comprehensive approach » par la communauté internationale dans la lutte contre le terrorisme, estimant que la réaction « goes beyong militrary means » et que c’est sur la prévention qu’on doit miser. La lutte contre le financement du terrorisme, a-t-elle souligné, est une composante importante de la stratégie européenne contre le terrorisme en général. Marjaana Sall a indiqué que l’UE a adopté une nouvelle directive pour combattre le terrorisme, introduisant un « comprehensive criminal offence of terrorist financing ». L’UE a également émis, en février dernier, un plan d’action pour le renforcement du combat contre le financement du terrorisme.
Marjaana Sall a rappelé aux participants du séminaire d’Afritac South que ceux-ci jouent un rôle de premier ordre dans la mise en application des mesures pour lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. L’UE, a-t-elle laissé entendre, évaluera les pays qui ne se conforment aux normes européennes en matière de bonne gouvernance dans le domaine fiscal ainsi qu’au niveau des opérations des banques centrales, des systèmes de paiement et d’utilisation des données par voie électronique.
L’ambassadeur de l’UE a souhaité qu’il y ait une coopération plus effective dans l’exécution des mesures AML/CFT. Les Financial Intelligence Units, selon elle, doivent travailler en étroite collaboration avec le secteur privé et, surtout, les opérateurs du secteur financier. L’UE, a-t-elle ajouté, va s’engager davantage à ce niveau et prépare un nouveau programme global pour un montant de 16 millions d’euros.
Le séminaire d’Afritac South a permis à des cadres responsables de la surveillance des banques et autres institutions financières d’être équipés des outils et techniques nécessaires pour mieux prévenir les risques liés au blanchiment d’argent et au financement d’activités terroristes.