Le leader de l’opposition appelle le Premier ministre au dialogue autour des moyens à mettre en place dans la lutte contre l’enrichissement illicite. Paul Bérenger fait comprendre que les «dérapages» du ministre de la Bonne Gouvernance Roshi Bhadain autour de l’amendement constitutionnel et du Good Governance and Financial Reporting Bill actuellement devant le Parlement n’entament en rien son «optimisme naturel» en vue d’un consensus. Déjà, jeudi, le leader des mauves disait que son parti était «ouvert aux discussions» et qu’il était «encore temps pour sir Anerood Jugnauth de considérer le point de vue du MMM.»
Commentant, une nouvelle fois, l’amendement constitutionnel de même que le Good Governance and Integrity Reporting Bill, le leader de l’opposition salue le «courage» du président du Bar Council, Me Antoine Domaingue, qui s’est prononcé contre ces textes de loi dans leur présente formulation et qui sont actuellement en considération devant l’Assemblée nationale. Paul Bérenger note parallèlement qu’au plan politique, tant le Mouvement Patriotique (MP) que le PTr s’y opposent tout aussi. Il estime que, de son côté, le MMM a très bien réussi à faire passer son point de vue sur toute cette question des véritables moyens à mettre en place dans la lutte contre l’enrichissement illicite.
Ainsi, selon lui, il y a dans le pays un rejet «quasi-unanime» du projet gouvernemental dans sa forme actuelle. Ce qui, trouve-t-il, explique les grands moyens qu’emploie ces derniers jours le ministre de la Bonne Gouvernance Roshi Bhadain pour justifier la démarche gouvernementale. Paul Bérenger trouve qu’en ce faisant, Roshi Bhadain n’hésiterait pas à avoir recours à des «faussetés.» Il cite en exemple le fait que lors d’une émission sur la MBC/tv, vendredi soir, le ministre aurait laissé entendre que sous ces nouvelles dispositions légales, aucune personne ne serait éventuellement contrainte à fournir des explications pour justifier l’acquisition de tout bien.
«Cela est complètement faux», s’exclame le leader de l’opposition, qui souligne que le projet de loi devant le Parlement indique clairement que l’Integrity Reporting Services Agency, qui sera éventuellemment instituée, aura pleins pouvoirs pour exiger de n’importe qui des explications quant à l’acquisition de tout bien avec un droit de saisie. Paul Bérenger trouve «honteux» que la MBC/tv se soit «prêtée au jeu de Bhadain.» À valeur du jour, le leader des mauves réaffirme que les députés du MMM ne voteront pas en faveur de l’amendement constitutionnel qui est présenté par le PM et voteront contre la «loi Bhadain.»
Pour lui, il convient à ce stade de savoir si sir Anerood Jugnauth est «ouvert au dialogue.» Dans lequel cas, dit-il, la voie à suivre serait de suspendre les travaux en deuxième lecture et d’entamer des discussions. Le chef de l’opposition affirme qu’au-delà l’opposition, ces textes de loi sont contestés à l’intérieur même du gouvernement. «Il n’y a qu’à lire entre les lignes ce que disent certains», avance-t-il, à cet effet. Paul Bérenger avoue que les «dérapages» du ministre Bhadain n’entament pas pour autant son «optimisme naturel.» Mais il concède que tout dépendra de l’attitude de sir Anerood Jugnauth.