Au cours de ces quatre dernières semaines, des limiers de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU), en collaboration avec des douaniers de la Drugs Unit de la Mauritius Revenue Authority (MRA), étaient engagés dans une opération de démantèlement d’un important réseau de trafi c de drogue sur l’axe Madagascar/ Maurice. Les parrains concernés étaient revêtus d’uniformes de la police car le sergent Dharma Sooknundun, actuellement interdit de ses fonctions pour le délit provisoire de bribery, considéré comme le cerveau, et son complice, le constable Soobash Lutchoomun, affecté à la Training Wing de la Special Supporting Unit, ont été appréhendés et inculpés provisoirement d’importation de drogue “with aggravating circumstances.” Ce développement est intervenu après une vingtaine de jours d’enquête car les 8,5 kilos d’héroïne, d’une valeur marchande variant entre Rs 125 M et Rs 130 M, avaient été saisis sur un passager venant de Madagascar depuis le 29 avril dernier.
Avec l’interrogatoire du principal suspect fi xé pour demain dans les locaux de l’ADSU en présence de son homme de loi, Me Raouf Gulbul, le sergent Sooknundun, qui a déjà travaillé dans les rangs de l’ADSU, prévoit de faire des révélations susceptibles de mettre dans l’embarras deux autres offi ciers de police qu’il accuse d’être impliqués dans un trafi c de lingots d’or de la Grande-Ile. Toutefois, une première enquête sommaire tente d’accréditer la thèse de la vengeance contre ces deux policiers, qui avaient fait partie de l’escouade procédant à son arrestation. Le rendez-vous de demain est attendu avec impatience par la direction générale de l’ADSU en vue d’en savoir plus sur les ramifi cations de ce gang de trafi quants au sein de la force policière.
Avec l’arrestation de ces trois suspects, l’ADSU soupçonne que le bailleur de fonds de cette tentative d’importation d’une aussi importante quantité d’héroïne de la Grande-Ile court toujours. Les différents appels téléphoniques effectués et reçus par le sergent, le constable et le jardinier-passeur, un dénommé Jean-Noël Narrainen, devront faire l’objet d’une attention particulière à la lumière des Judge’s Orders relatifs. À ce stade, la traque de ce gros bonnet encore en liberté est lancée.
Les recoupements d’informations effectués dans les milieux confi rment le rôle d’intermédiaire assumé par le policier Soobash Lutchoomun entre le sergent Sooknundun et le présumé passeur Narrainen. Sur les instructions du sergent, il avait approché cet habitant de Cité La Cure pour une “mission tous frais payés” à Madagascar en vue de récupérer “un cargo.” Une somme de Rs 200 000 lui avait été promise pour le passage de ces valises à son arrivée au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport.
Jean-Noel Narrainen fut appréhendé à sa descente d’avion venant de Madagascar le 29 avril dernier avec cette importante cargaison d’héroïne dans deux valises de couleur jaune et verte. Un scanning des bagages confirma la présence de deux colis suspects. Un contrôle physique de routine des douaniers déboucha sur la saisie dans le double fond des bagages de ces deux colis pesant 4,5 et 4 kilos, respectivement.
Subséquemment, le suspect et les 8,5 kilos d’héroïne furent remis à l’escouade de l’ADSU de l’aéroport pour les besoins de l’enquête. Sur la base des premiers éléments découlant de l’interrogatoire, le constable Lutchoomun fut appréhendé. Une vingtaine de jours après, l’ADSU enregistrait un breakthrough majeur avec l’arrestation du sergent Sooknundun dans un bungalow à Grand-Gaube, mercredi dernier.
Nénanmoins, les enquêteurs de l’ADSU n’étaient pas au bout de leur surprise. Soumis à un feu roulant de questions, le sergent Sooknundun n’aurait pas nié l’existence de ces deux valises mais aurait affi rmé qu’elles contenaient des lingots d’or. Il devait nier l’existence de l’héroïne dans ces valises.
Pour étayer ses dires, le sergent Sooknundun impliqua deux autres offi ciers de police dans ce trafi c allégué de lingots d’or. Il mit en avant des contacts téléphoniques qu’il aurait eus avec ces policiers à cet effet. Ces détails devront faire partie de cette enquête, même si les principaux concernés nient toute implication dans n’importe quel trafi c. Il semblerait que ces échanges téléphoniques étaient davantage axés sur des “tuyaux de courses” entre policiers qu’autre chose.
L’enquête policière se poursuit.