Les mesures prévues dans le Plan Marshall commandité par le gouvernement seront intégrées dans le budget 2016/17, indique le ministre de l’Intégration et de l’Autonomisation, Prithviraj Roopun. Ce dernier, qui intervenait à l’ouverture de la session régionale de l’ONG ATD Quart-Monde à Pont Praslin samedi, a annoncé que le plan a déjà été soumis au gouvernement. Il a, par la même occasion, annoncé que l’Observatoire de la Pauvreté est fin prêt et observé qu’il est possible d’éliminer l’extrême pauvreté avant la fin de l’actuel mandat gouvernemental.
Le gouvernement a reçu la version finale du Plan Marshall qui est actuellement en circulation dans les différents ministères, indique Prithviraj Roopun. De plus, l’Observatoire de la Pauvreté est fin prêt. Le ministre a également fait mention du registre social, qui constitue un outil important dans la mesure où il permet d’identifier avec précision les personnes vivant dans une situation de précarité. « Ce registre permet d’atteindre l’objectif d’une meilleure efficacité du système de protection sociale en constituant une liste unique et centralisée des familles éligibles », a-t-il expliqué.
Le Plan Marshall insiste sur le maintien de la pension universelle et prévoit une série de mesures concrètes afin d’accompagner efficacement ceux qui vivent dans la pauvreté extrême et les aider à être autonomes.
Le récent rapport de la Banque mondiale, lancée en mars 2016, souligne que la pauvreté absolue, qui désigne une situation dans laquelle les personnes ne disposent pas des biens de première nécessité pour leur survie, concerne autour de 1 % de la population mauricienne.
Prithviraj Roopun observe que la pauvreté relative a augmenté, passant de 8,5 % en 2007 à 9,8 % en 2012. La Banque mondiale estime que la pauvreté relative à Maurice aurait reculé de façon prononcée si la richesse était équitablement distribuée et si l’inégalité ne s’était pas accentuée.
Plaçant la pauvreté dans un contexte national, le ministre observe que 88,9 % des habitants sont propriétaires de leur maison. 99,5 % ont accès à l’eau potable, l’électricité et à l’assainissement. « Le gouvernement est convaincu qu’il pourra éliminer l’extrême pauvreté à la fin de ce mandat », a insisté Prithviraj Roopun.
Le président du mouvement international ATD Quart-Monde, Cassam Uteem, s’est longuement appesanti sur l’histoire et l’action de l’organisation dans le combat contre la misère à travers le monde. « Dans tous ces grands enjeux mondiaux, ATD Quart-Monde a réussi, avec d’autres, à faire tenir en ligne de compte le sort et l’intérêt des populations les plus vulnérables de planète », dit-il. ATD Quart-Monde était accrédité à la COP21 en décembre dernier à Paris pour contribuer aux négociations en tant qu’observateur. En partenariat avec un groupe d’ONG défendant la référence aux droits de l’homme dans le texte de l’accord, ATD Quart-Monde a eu la satisfaction de voir figurer dans le texte de l’accord la notion de justice climatique, les obligations concernant les droits de l’homme, le droit à la santé, les droits des peuples autochtones, des communautés locales, des enfants, des personnes handicapés et des personnes en situation vulnérable.
La session régionale de formation d’ATD Quart-Monde à Pont Praslin est organisée en partenariat avec la Commission de l’Océan Indien, dont le président, Jean-Claude de l’Estrac, a également pris la parole. Parmi les personnalités qui participent à la session de formation qui prendra fin ce jeudi figurent Jacqueline Plaisir de la Délégation générale d’ATD Quart-Monde et Martine Le Corre, active au sein de l’organisation à Paris.