Déplorant l’invasion des colporteurs depuis quelque temps à rue Farquhar, à proximité du marché central, la Market Traders Association (MTA) réclame que l’équipe de l’inspectorat des maraîchers et une partie de l’effectif policier soient revues. Selon Isoop Soobedur, leur « incompétence » aurait favorisé un retour en force des marchands ambulants dans cette région de la capitale.
Les maraîchers du marché central sont très remontés. Malgré l’ordre de la Cour suprême, interdisant aux marchands ambulants d’écouler leurs produits dans un rayon de 500 mètres du marché central, Isoop Soobedur observe un « laisser-aller » de la part des autorités compétentes. Ainsi, dit-il, les marchands illégaux continuent de travailler sans inquiétude au détriment des maraîchers et des commerçants.
« Marsan anbilan ti partou ek zot finn travay ene zourne san okenn problem. Ou ti pou krwar lavey lane », a observé le président de la MTA durant le week-end écoulé. M. Soobedur insiste que les colporteurs font de la concurrence déloyale aux commerçants et maraîchers et représentent une menace pour « nos affaires ». « Kan marsan anbilan pom, zoranz, legim inn met so bann prodwi divan laport bazar, bann kliyan pa rantre mem dan bazar. Zot aste an deor, lerla nou ki perdi », explique-t-il. Et de préciser que les commerçants et maraîchers doivent s’acquitter de certaines frais pour pouvoir exercer. « Nous avons la taxe municipale, entre autres, à payer ». Avec la présence de colporteurs devant le marché central, les revenus des maraîchers ont baissé considérablement.
« La municipalité de Port-Louis n’arrive pas à trouver une solution à long terme s’agissant du relogement des marchands ambulants. » Pourtant, soutient Isoop Soobedur, « une telle mesure sera un soulagement pour tous » : les maraîchers et commerçants ne seront plus pénalisés par la présence des colporteurs, ces derniers pourront, eux, exercer en toute légalité, les piétons pourront circuler dans la capitale en toute sécurité et finalement pour l’image de Port-Louis.
D’ailleurs, affirme la MTA, « nous ne sommes pas contre le relogement des colporteurs à l’étage du marché de poissons et de viande (ndlr : cette proposition a été faite par la STA au lord-maire Aslam Hossenally lors d’une réunion il y a un mois), du moment qu’ils travaillent dans la discipline et respectent les commerces qui bordent cette rue. Mais la loi est la loi ! Et leur proposition pour que la Rue Farquhar devienne une zone piétonnière afin qu’ils y installent leurs étals, ne peut être considérée parce que cela va à l’encontre de la Cour suprême. »
La MTA a envoyé de nombreuses correspondances au Commissaire de Police ainsi qu’au lord-maire pour réclamer une rencontre, « mais à ce jour, nous n’avons eu aucune réponse. Pourtant, nous souhaitons uniquement présenter nos idées aux principales autorités ». En attendant, la MTA espère qu’une nouvelle équipe d’inspectorat et de la police sera mise en place afin d’assurer la discipline et faire respecter l’ordre de la Cour suprême.