Le groupe rock mauricien Crossbreed Supersoul lance le concept « pay what you want », dans le but de lutter contre le piratage des oeuvres musicales à Maurice. C’est ce qu’il annonce dans le cadre de la présentation en avant-première de son dernier opus A 1 000 reasons et de son site internet demain.
La principale raison qui le motive : donner la possibilité à l’artiste d’avoir le pouvoir de son oeuvre, soutient le chanteur du groupe Vincent Brasse, sollicité par Le Mauricien. « L’idée nous est venue en voyant le groupe anglais Radiohead faire cela. Le concept donne l’occasion à l’artiste de prendre le pouvoir de son oeuvre », affirme notre interlocuteur. Il explique : « Dès qu’un artiste vend son oeuvre il n’a plus le pouvoir dessus, et aujourd’hui cela se passe de moins en moins. Pourquoi est-ce qu’un artiste peut se permettre de faire cela ? Auparavant, il vendait un album par exemple à Rs 500, et c’est seulement Rs 20 ou même moins qui lui revenaient. C’est la maison du disque qui empochait gros. Les gens, de leur côté, téléchargent les morceaux gratuitement car par les maisons de disque cela coûte trop cher. C’est la faute à qui ? À l’industrie. Aujourd’hui, ce concept permet à l’artiste de mieux travailler. S’il vend un album à Rs 50, ce ne sont pas Rs 40 qui vont à la maison du disque ». Le piratage est un autre problème que les créateurs d’oeuvres musicales comptent contourner. « Je ne blâme pas les gens qui achètent des copies piratées à moins cher dans la rue ; si nous nous vendons un album à Rs 300 et dans la rue il est à Rs 100 ou moins, je comprends tout à fait ces gens », poursuit Vincent Brasse. Selon lui, avec ce nouveau concept qui permet aux gens de payer ce qu’ils peuvent, il y aura plus d’interaction entre eux et leurs fans et cela reviendra à moins cher pour ces derniers d’écouter leur musique. Vincent Brasse souligne un autre problème au niveau de la vente : « Les disquaires locaux commandent souvent très peu d’albums, deux par exemple, parce qu’elles ont peur de ne pas vendre. Or, les albums partent souvent très vite et le temps d’en commander de nouveaux, c’est autant de clients qu’on perd ».
Ainsi, à travers le site internet www.xbreed.mu, les fans pourront acheter la musique du groupe à moins cher et ce sera une plate-forme pour aider d’autres artistes, moins connus, à faire connaître leurs créations, ajoute notre interlocuteur.
Vincent Brasse indique que « contrairement à ce qu’on peut penser, on n’a pas beaucoup de moyens mais on a envie d’aller jusqu’au bout de ce qu’on a commencé ».
Crossbreed Supersoul présentera son dernier opus, A 1 000 reasons qui comporte neuf titres dont le premier single 1 000 reasons, lors d’une conférence de presse demain après-midi. Le groupe rock mauricien existe depuis 2004 et A 1 000 reasons est son troisième album. La sortie officielle de l’album et le lancement officiel du site internet sont prévus pour le 16 septembre. Dans un premier temps, l’album sera disponible uniquement sur ce site internet et pourra être téléchargé selon le mode « pay what you want ». Crossbreed indique que ses deux premiers albums de même que la version studio du titre Be mine seront en téléchargement légal également.