PILS (Prévention, Information et Lutte contre le Sida) a officialisé ce matin la signature d’un accord de financement avec l’Union européenne dans le cadre d’un projet ciblant les populations les plus à risques. L’enveloppe d’aide de l’UE s’élève à 170 000 euros (Rs 7 M). Profitant de la présence du ministre de la Santé Lormus Bundhoo à cette cérémonie dans les locaux de PILS, Nicolas Ritter, le directeur, a réitéré son appel au gouvernement pour « une politique aussi efficace et concertée que l’on a en matière de lutte contre le sida envers le problème majeur du pays qu’est la toxicomanie ». Alessandro Mariani, chef de la délégation de l’UE à Maurice, a quant à lui rappelé « l’excellent travail réalisé par PILS ».
« Treatment, care and support of Most at Risk Populations through Prevention, Empowerment and Advocacy activities. » Tel est le projet pour lequel PILS bénéficie d’une enveloppe d’aide de Rs 7 millions de la part de l’UE. Une aide « additionnelle et au-delà des grants compris dans l’accord bilatéral entre Maurice et l’UE », a tenu à souligner Alessandro Mariani, chef de la délégation à Maurice, lors de la présentation de cet accord ce matin à PILS.
« La raison pour laquelle l’UE a souhaité financer ce projet de PILS, a continué M. Mariani, c’est parce que, d’abord, l’ONG offre une prestation de grande qualité, mais aussi et surtout parce que ce projet cible les populations les plus à risques et qu’il se concentre sur les points importants de notre philosophie. En effet, dans le projet de PILS, il y a la prévention, l’empowerment des PVVIH et le plaidoyer. Trois axes qui sont prioritaires pour l’UE. » De plus, a noté A. Mariani, « de par notre expérience, à l’UE, nous sommes en faveur d’un investissement pour défendre une cause quand les conditions sont réunies. Comme à Maurice, la prévalence de l’épidémie est moins d’un pourcent, c’est le moment requis pour investir dans ce domaine. Les résultats seront très probants sur les plans sociaux et économiques. »
Le directeur de PILS Nicolas Ritter a rappelé dans son intervention que « nous faisons face à Maurice à une épidémie concentrée du sida. Même si la prévalence n’est pas haute, nous avons toutefois un taux de concentration très élevé au sein des communautés affectées. » M. Ritter a évoqué le fait que « 70 à 80 % des travailleuses du sexe sont des Usagères de Drogues Injectables (UDI). 50 % des UDI sont séropositifs et un quart de la population carcérale est séropositive ! » Ce qui explique la démarche de PILS « de venir avec des projets ciblés pour les personnes les plus à risques ».
Lormus Bundhoo a pour sa part souligné qu’avec « une population de 1,3 million affectée par, primo le diabète, secundo, les maladies cardio-vasculaires, et tertio, le cancer, nous ne pouvons nous permettre qu’en quatrième position, le sida devienne un problème majeur qui tue nos compatriotes ! »
N. Ritter a témoigné de « la satisfaction de tous à PILS que nos heures et efforts de travail soient reconnus ! »