Nicolas Ritter, le directeur de PILS, activiste de longue date, et premier Mauricien à avoir déclaré publiquement vivre avec le sida, s’envole dans quelques jours. Cap d’abord sur Amsterdam, où l’attend l’assemblée générale du GNP + ; ensuite, il se rendra à Paris pour une autre AG, celle de Sidaction. Enfin, fin juillet, il sera à Washington pour AIDS 2012, la conférence internationale réunissant tous les acteurs mondiaux dans la lutte, comme membre de l’organisation. Dénominateur commun entre ces trois événements : Nicolas Ritter est membre des conseils d’administrations de ces organismes. Et surtout, il est le premier Mauricien à cumuler ces fonctions, à ce jour. Une distinction qui ne doit pas passer inaperçue…
« Maurice et PILS demeurent mon port d’attache et représentent mes préoccupations premières », dit d’emblée notre interlocuteur. C’est en effet ici qu’il a fait ses armes et où s’inscrit son combat. Mais Nicolas Ritter n’est jamais demeuré spectateur. « Aux conférences, colloques et toutes autres rencontres auxquelles j’assistais et participais, je ne restais pas passif ou me contentais du rôle attribué », confie-t-il.
C’est ce qui lui a permis de se distinguer lors de ces différentes rencontres nationales, régionales et internationales. Au point où il a été sollicité pour ne plus être simplement un participant ou un intervenant parmi d’autres, mais pour faire partie des conseils d’administration de différents organismes à réverbération internationale. Cela afin d’y apporter ses connaissances, ses compétences, son savoir-faire de par son expérience mauricienne, et surtout, son appui en tant que PVVIH (personne vivant avec le VIH). Nicolas Ritter vit avec le virus depuis 18 ans et son engagement dans la lutte représente presque autant d’années. Un tel parcours représente des années d’expérience que différents organismes internationaux ont rapidement voulu s’approprier, essentiellement dans le cadre de leurs plaidoyers massifs internationaux pour faire avancer la lutte contre le virus. Nicolas Ritter, étant donné sa nature de militant, ne pouvait résister à leurs appels…
De ces différents organismes autres que PILS où Nicolas Ritter est impliqué dans les conseils d’administration, on retient Sidaction, principale ONG française qui oeuvre contre le virus ; GNP + (Global Network of People Living with HIV), unique réseau mondial de personnes vivant avec le VIH, et depuis peu, la IAS (International AIDS Society), organisatrice de la conférence mondiale du sida, chaque deux ans.
Visibilité
Cette année, Nicolas Ritter est l’un des trois International Co-Chair du CPC (Community Programme Committee), aux côtés de deux Américains avec qui il partage la coprésidence. Leurs responsabilités : « Veiller à ce que tout se déroule comme il faut lors de la conférence qui se tiendra du 22 au 27 juillet prochain à Washington. Cela implique, entre autres, d’assurer que les questions des droits humains, la prévention, les populations vulnérables, entre autres, soient soulevées lors de la conférence. Nous avons aussi à nous occuper des “abstracts” ; faire la liaison et les sélectionner ; nous assurer que les “input” soient canalisés comme il se doit durant la conférence… » Le CPC, rappelle Nicolas Ritter, « agit sous le CCC (Conference Coordination Committee), qui gère l’ensemble de la conférence. »
Réconcilier ses différentes responsabilités, prenantes et conséquentes, avec celles de la direction de PILS, qui est actuellement le PR pour Maurice s’agissant du Global Fund, n’est pas un jeu d’enfant. Cependant, doté d’un caractère bien trempé, Nicolas Ritter n’a jamais reculé devant les challenges… Son parcours en témoigne. Mieux encore, « quand je me suis rendu compte qu’à travers ces différentes responsabilités, c’est PILS et Maurice qui allaient bénéficier de plus de visibilité, je n’ai pas hésité ! »
En effet, via sa présence sur les différents boards, Nicolas Ritter permet à PILS, et incidemment, l’exemple mauricien, d’avoir une réverbération plus importante. « Aujourd’hui, les institutions comme le John Hopkins Hospital ou le Center for Disease and Prevention des États-Unis, par exemple, savent que PILS existe. De cette manière, ils savent aussi quelle est la problématique mauricienne, liée à l’usage des drogues injectables, et ce qui a été fait dans le pays. Tous ces éléments servent quand il est question de partage d’informations et de bonnes pratiques. »
“Ressource person”
Ce qui permet, évidemment, de dynamiser davantage le combat à tous les niveaux et sur différents plans. Parce qu’il est bilingue, et aussi de par son vécu de PVVIH sur ces 18 dernières années, Nicolas Ritter est rapidement devenu une “ressource person” idéale pour les nombreux organismes qui oeuvrent dans la lutte contre le sida dans le monde entier. « Les questions comme les drogues injectables, les populations vulnérables que sont les UDI, les travailleuses du sexe, les détenus et les MSM (Men Having Sex with Men), entre autres, ont ainsi voix au chapitre », souligne-t-il.
Et, évidemment, les offres se succèdent. « Je suis actuellement en présence de deux nouvelles demandes de la part de deux autres organismes internationaux qui me demandent de siéger au sein de leurs conseils d’administrations. Cependant, déjà avec mes différentes obligations, je suis terriblement pris. » Ses engagements internationaux requièrent du directeur de PILS qu’il se déplace très fréquemment hors de Maurice. « Heureusement, avec les technologies nouvelles, je reste en contact permanent tant avec l’équipe de PILS qu’avec mes autres interlocuteurs de l’étranger ! »
Nicolas Ritter n’est pas près de raccrocher. Sa nature militante et son caractère de battant devraient lui ouvrir de nouvelles portes. Et de ce fait, faire avancer la lutte contre le sida tant à Maurice que dans le monde.