C’est ce qu’on appelle une nouvelle polémique entre le ministère de la Jeunesse et des Sports et la Fédération mauricienne de Lutte. C’est le moins qu’on puisse dire avec ce qu’on pourrait désormais appeler l’Affaire Papi. En effet, c’est la question qui est posée depuis le 19 janvier dernier lorsque les membres de cette fédération ont élu leur nouveau comité directeur et par la suite ont confié la présidence à Richard Papi. Si l’on s’en tient aux dispositions du Sports Act, il va sans dire que ce dernier est dans l’illégalité puisqu’une personne ne peut avoir plus que deux mandats comme président d’une fédération. Mais Richard Papi ne l’entend pas de cette oreille et mardi dernier lors d’une rencontre avec le MJS, il a maintenu sa position. Alors que de l’autre côté, l’officier responsable du dossier lutte au 3e étage de l’Emmanuel Anquetil Building a été incapable de donner un ‘stand’ et a donc fait appel au State Law Office, qui tranchera.
Le jeu n’est pas encore fait en ce qu’il s’agit de la présidence de la Fédération mauricienne de Lutte.Papi élu, à nouveau, comme président de cette fédération la question qui taraude dans la tête de tout le monde est effectivement de savoir si cette élection est en conformité avec les dispositions du Sports Act . Notamment sur deux sections de la loi qui sont les sections 6 (5) (c) (i) et (ii) du Third Schedule. Ces deux sections de la loi stipulent primo que personne ne peut avoir plus de deux mandats de 4 ans comme président d’une fédération nationale et secundo que « any person for whatsoever reason default or be ousted whilst serving any mandate before the end of a mandate, it shall nonetheless be deemed that such a person has served one full mandate for the purpose of this Act ». En d’autre mot cette section veut dire que même si une personne a agi comme président pour 24 heures seulement, c’est considéré selon le Sports Act comme un mandat complet.
Pour se défendre dans ce nouvel imbroglio entre le MJS et sa fédération, Richard Papi a mis en avant une lettre co-signée  par Dev Anand Sunjawon et lui-même en date du 27 juin 2007. Une lettre que Richard Papi maintient comme un accord à l’intérieur de sa fédération et dans laquelle l’ex-président controversé de la Fédération mauricienne de Lutte parle de « alternates the post of President of the MNWAGA entre lui et Richard Papi ».
Plus loin, la lettre souligne que « as from this date (ndlr: 27 juin 2007), Mr Richard Papi, vice-president of the MNAGA will act as president of the MNWAGA … until further notice ». En elle-même , le document soumis par Richard Papi est limpide. Il n’a jamais été question dans ce document de président par intérim. Sauf erreur de la part de Week-End, le Sports Act ne prévoit aucune disposition pour « interim president ».
Qui dit ‘interim » veut aussi dire « for a short period of time ». Or la première présidence ‘par interim » de Richard Papi à la tête de la FML a duré un peu plus d’une année. Soit de juin 2007 à décembre 2008 où il fut réélu pour un mandat de 4 ans, qui a pris fin en janvier 2012. Pas besoin d’être mathématicien pour faire les comptes…pour situer le nombre de mandats de Richard Papi.
En contre-partie cette affaire vient nécessairement mettre sur la table l’épineuse question du nombre de mandats des présidents des fédérations nationales. Une question qui a été du reste à l’agenda de la réunion de travail entre le ministre Ritoo et Jérôme Poivey en septembre dernier à Maurice. Mais  existe-t-il une démarche du MJS « to take on board » cette proposition qui consiste à ne pas limiter le mandat des présidents?