L’Union of Workers of Mauritius Meat Authority (UWMMA), affiliée à la Mauritius Labour Congress, demande au management de la Mauritius Meat Authority de « step down » en attendant la fin des enquêtes initiées depuis mercredi dernier dans le cadre du décès de Zaffrulah Chonee. S’exprimant au nom des employés de la MMA, le président du MLC Haniff Peerun déplore plusieurs lacunes en termes de Health and Safety dans cette entreprise de Roche-Bois.
La mort de Zaffrulah Chonee (56 ans), attaqué mercredi par un boeuf à la Mauritius Meat Authority à Roche-Bois, remet sur le tapis les conditions de travail dans lesquelles opèrent les employés de cette entreprise. Plusieurs enquêtes ont été initiées en ce sens, dont celle de la police en vue d’établir les circonstances du drame et celle du ministère du Travail. L’UWMMA et le MLC souhaitent ainsi que la direction « step down ».
Les salariés de la MMA estiment pour leur part que le décès de leur collègue est dû à de la négligence de la part du management qui soutient, elle, que toutes les règles en matière de Health and Safety sont respectées. Interrogé au téléphone hier, Anil Balgobin, directeur de l’entreprise, a indiqué que « l’employé (NdlR: M. Chonee) était parfaitement équipé ». « C’est un malheureux événement, dont la MMA n’est pas responsable », a-t-il ajouté.
Lors d’un point de presse hier au siège du MLC à Port-Louis, l’UWMMA a déclaré que les diverses réunions entre la direction et les membres du syndicat n’ont pas abouti. À la dernière rencontre le 21 juin, ajoute-t-elle, il était convenu avec la direction de revoir ses différentes requêtes, en particulier celles concernant
le Health and Safety. « Malgré les assurances données par la direction, rien de concret n’a été fait. Au contraire, les choses vont de mal en pis », soutient Haniff Peerun. Il a aussi pointé du doigt l’état de certains équipements qui attendent toujours d’être réparés ou remplacés, et l’achat de machines en vue de faciliter le travail des employés.
Haniff Peerun évoque aussi la réparation « en catimini » de la porte, qui serait responsable de l’accident dont a été victime Zaffrulah Chonee. « Sa koulwar ki bann bef bizin emprinte pou al ver labatwar-la li bien danzere ek na pena okenn anti-derapan dan sa zone-la. »
Devanand Persand, président de l’UWMMA, déplore pour sa part le laxisme de la direction. « Direksion o kouran nou bann reket ek mem apre sa aksidan-la, li pann apel nou pou diskit ek nou lor sa issue-la », dit-il. C’est pourquoi l’UWMMA et le MLC réclament une vérification complète des équipements utilisés à l’abattoir et dans les autres départements de la boucherie.
Il a aussi été question de l’importation des boeufs des pays d’Afrique et de l’Australie. Le MLC déplore aussi les conditions de transport des animaux et la non-vérification des boeufs avant de les envoyer à l’abattoir. « Avan ki koup zot pena okenn verifikasion pou kone si zot en bonne sante ou pa », soutient-il. Le MLC envisage d’ailleurs d’envoyer un mémorandum au ministère du Travail en ce sens. Les deux syndicats annoncent aussi que d’autres actions sont envisagées en vue de faire valoir le droit des travailleurs.