L’homme est-il un loup pour l’homme ? se demande Loic Frappier, élève en terminale au Lycée des Mascareignes. Cette éternelle question revient avec force dans la tête de ce jeune homme six mois après sa visite dans les camps de concentration et d’extermination d’Auschwitz et de Majdanek, en Pologne. En compagnie de ses camarades de classe, il y a découvert avec effroi et indignation, ce que le fanatisme, l’intolérance et le racisme peuvent amener l’homme à commettre.
Soixante-dix ans après l’extermination de quelque six millions de Juifs par les Nazis, l’écho de la Shoah continue de résonner dans la tête des jeunes générations. Comment peut-on traiter ses semblables de la sorte ? Une question leitmotiv dans la bouche de ces jeunes depuis leur visite en Pologne à la fin du mois d’avril et dont ils parlent dans le documentaire réalisé par le cinéaste mauricien David Constantin, qui les a accompagnés dans ces camps de la mort. Point de réponse ! Cependant, confie Annabelle Ribet : « On voit jusqu’où la folie de l’homme peut aller. » À Sandrine Lo Wing de renchérir : « C’est la déshumanisation de l’homme. »
Si, sur le moment, les jeunes visiteurs mauriciens n’avaient pas beaucoup de temps pour se recueillir à Auschwitz, car trop de visites étaient programmées et « il fallait faire vite », le réinvestissement de leurs souvenirs et la visite à un autre camp, à Majdanek, ravivent la conscience de cette cruauté. « On se rend compte des conséquences que cela a pu avoir sur la vie des gens et on se demande ce qui se passerait si ça devait se reproduire aujourd’hui avec les technologies dont nous disposons », avance Basheera Kazi Abdulla, qui fait appel à ses souvenirs. « Cela nous fait réfléchir », ajoute Sandrine Lo Wing. D’autant que « c’était le printemps, il faisait froid et on se demande comment ils supportaient l’hiver avec un simple pyjama en tissu sur le dos », souligne Estelle Lenoir.