Les médecins du public et du privé ont commencé à se concerter samedi dernier sur les problèmes découlant d’une présence grandissante des médecins étrangers dans le pays. Ils ont de vives appréhensions par rapport à un éventuel changement dans la loi — parvenu jusqu’aux oreilles du Medical Council — qui viserait à faciliter les procédures pour l’enregistrement des étrangers. Les participants à cette réunion préparent un communiqué de presse concernant leur position sur la question des confrères étrangers.
La réunion de samedi a rassemblé les dirigeants de quatre associations : la Private Medical Practioners’ Association (PMPA), la Medical Health Officers Association (MHOA – généralistes du public), la Government Medical and Dental Officers Association (GMDOA – spécialistes du public) et la Government Medical Consultant Association (GMCA – chefs de départements dans les hôpitaux). « Nous sommes agacés car il y a des pratiques déloyales et illégales de la part de certains confrères étrangers. De plus, ce n’est pas juste que les autorités tolèrent ce type de situation. Nous nous sommes rencontrés pour examiner les différents aspects du problème dans les faits. Nous avons noté que plusieurs de ces étrangers prennent avantage des lacunes qui existent dans la loi pour s’installer sur une longue période chez nous et pour proposer des services déjà disponibles à Maurice », explique un des participants à cette rencontre de samedi.
Mais l’urgence de cette réunion, selon nos informations, avait trait surtout à cette menace gouvernementale – qui se fait insistante – de changer éventuellement la Medical Council Act afin d’avoir deux types de procédures pour le Registration, à savoir l’un pour les médecins mauriciens et l’autre pour les étrangers. Les médecins mauriciens ont laissé entendre lors de cette réunion qu’ils s’opposent fermement à toute démarche allant dans le sens d’une différenciation pour l’enregistrement.
Une parenthèse pour signaler que le MC a refusé ces derniers temps d’accorder le Certificate of Registration à quelques médecins étrangers se présentant comme spécialiste, mais qui n’ont pas soumis leurs diplômes comme l’exige la loi pour attester de leurs qualifications professionnelles. Cette intransigeance du MC envers les étrangers sur le respect de procédures ne serait pas bien vue dans certains milieux politiques.
À l’issue des discussions les principaux animateurs de la réunion de samedi ont décidé de faire part de leur position par voie de communiqué de presse. « Nous sommes en train de préparer ce communiqué », indique un médecin spécialiste. Les responsables des quatre associations comptent aussi rencontrer dans les jours qui viennent les autorités directement concernées par les activités professionnelles des médecins étrangers à Maurice, notamment le ministère de la Santé, le Board of Investment (qui accorde des occupational permits) et le Medical Council, le garde-fou de la profession médicale.