Le débat sur la refonte du système de distribution de la méthadone doit se poursuivre. Imran Dhanoo, du centre référent et de réhabilitation Idrice-Goomany, insiste pour l’organisation de consultations en ce sens. La nécessité de renforcer le programme sur la méthadone ne doit pas être évoquée le temps d’un fait divers. Imran Dhanoo explique que les cas qui impliquent des bénéficiaires du programme et qui font l’objet d’une enquête policière et rapportés dans la presse encouragent une perception négative sur la méthadone. 
« C’est la stratégie de distribution qu’il faut repenser et non diaboliser le produit », relève le spécialiste de la réhabilitation des toxicomanes. Ce dernier explique que depuis son introduction en novembre 2006, la méthadone, substitut aux drogues dures, a donné des résultats concluants. Imran Dhanoo a noté que la méthadone a contribué à réduire les risques de propagation du VIH-Sida. « Si quatre toxicomanes sur dix ne réussissent pas le programme, il faut concentrer nos efforts sur le groupe qui reste en marge et comprendre ce qui n’a pas fonctionné. » 
Selon le représentant d’Idrice-Goomany, remplacer la méthadone par un autre produit n’est pas la solution attendue pour renforcer le programme. D’ailleurs, une évaluation du programme de manière quantitative et qualitative, appuyée de recommandations, serait un outil non négligeable pour les centres de distribution, référents et d’accueil respectivement. La méthadone, poursuit-il, est adaptée aux toxicomanes qui ont un long passé en opiacés. Et actuellement, faute de produits similaires mais convenant aux plus jeunes (18-20 ans) et séropositifs, il explique que la méthadone est le seul recours efficace. « La méthadone prévient la baisse de leur taux de CD4 », explique Imran Dhanoo. 
Et s’il est d’avis que le Subutex est un substitut qui peut être appliqué dans le traitement des jeunes toxicomanes selon un protocole établi, en revanche, il explique que le Subuxone, évoqué il y a peu, coûte extrêmement cher. « Je suis pour la diversité des substituts afin de répondre aux besoins spécifiques des toxicomanes. » Par ailleurs, le spécialiste de la toxicomanie plaide pour de meilleures structures où des tests d’urine peuvent être effectués, l’extension des horaires de distribution, le monitoring des centres de distribution, le renforcement du personnel de ces centres et la responsabilisation des toxicomanes bénéficiaires de méthadone. « Je pense aussi que des sanctions doivent être appliquées quand cela s’avère », dit-il en parlant de la responsabilisation des toxicomanes.