Les habitants de Baie-du-Cap ont laissé éclater leur colère hier. « Napli kapav gramatin tanto marse plis ki 1,5 km alle vini. Napli kapav avec sa bann contour Chamarel la. Dimoun pe malad, zenfan pe arriv tard lekol, dimoun pe perdi travay », disent-ils. « Rann nou nou simin », clament-ils, estimant que les autorités n’ont « pas pris les décisions qu’il fallait » en faveur des habitants du village. D’autant que la route sinueuse et très étroite de Chamarel, qu’ils sont contraints d’emprunter de Choisy à Case-Noyale, représente un danger « plus conséquent » pour la vie des milliers d’usagers de cette route. « Fode dimoun mor lor sa semin la pou minis la compran », déplorent les habitants. Plus d’une cinquantaine d’entre eux se sont ainsi massés à l’entrée de Baie-du-Cap hier après-midi, réclamant que, d’ici une semaine, une voie de la route de Macondé soit rouverte à la circulation. Au cas contraire, tout le village se prépare à descendre dans la rue pour une marche pacifique le 24 mai.
Près de trois semaines depuis que dure leur calvaire. Trop, c’est trop. « Nou le retourn nou nou semin », disent les habitants de Baie-du-Cap. Réunis hier à l’entrée du village, à quelques mètres du barrage routier établi, et sous surveillance policière, les habitants de cette région de l’île manifestaient leur colère et leur exaspération. « Zenfan pa pe kapav ale lekol akoz sa problème la. Kan zot voyazer, zot arriv lekol tard parski pa gagn bis. Si gagn bis, bizin ale fer long letour Chamarel. Ena pe fer malaise dans lekol, gagn vertiz », racontent-ils. Une situation qui touche aussi les adultes, contraints – depuis la fermeture de la route Macondé en raison des risques d’éboulements – de faire le détour par la route de Chamarel, ou d’effectuer le trajet Baie-du-Cap/La Prairie-Le Morne… à pieds.
Pour les habitants de la région, cette situation n’a que trop duré. Les autorités leur avaient en effet promis une solution rapide. « Fini arrive 18 jours depi ki nou pe souffer. Solution pa ena mem », déplorent-ils, s’insurgeant d’avoir à emprunter le tronçon de Chamarel quotidiennement pour se rendre sur leur lieu de travail ou à l’école. Du coup, ceux-ci doivent quitter très tôt leur domicile car cette route équivaut à un détour de 45 minutes au moins. Et ce s’ils arrivent à attraper les autobus bondés qui effectuent le trajet Choisy-Case Noyale. Raison pour laquelle, outre de gagner du temps matin et soir, ils préfèrent effectuer le trajet vers Le Morne à pieds.
« Pli vaut mieux nou expoz nou la vie kote Macondé ki kote Chamarel », disent-ils. Et d’expliquer que si la route est fermée à la circulation et que les policiers effectuent des rondes pour s’assurer que des véhicules ne l’empruntent pas, « si la polis pe voyage, nou oussi nou kapav fer li ». Ils poursuivent : « Li preferab enn ros tombe ki enn bis tomb dan ravin Chamarel. » En attendant, disent-ils, ils seront contraints d’utiliser la route de Chamarel, qui est un « véritable danger ». Outre l’extrême étroitesse de cette route sinueuse, la route de Chamarel, qui ne dispose d’aucun éclairage, a en effet déjà commencé à céder. Et en temps de pluies, cette route est encore plus dangereuse pour ses usagers, qui soulignent que plusieurs arbres menacent de tomber sur cette voie, longeant les ravins, qui s’est retrouvée bloquée et impraticable. « Fode dimoun rentre dan ravin, fode dimoun mort. Lerla zot pou compran », répètent-ils.