Le 30 septembre prochain, le MACOSS (Mauritius Council of Social Service) élira son président. Dans le cadre de ces élections, l’actuel président, Geerish Bucktowonsingh, dit non à des campagnes « en dessous de la ceinture, comme cela se déroule actuellement ». S’il est réélu à la présidence, il compte mettre en place un code de conduite pour les représentants d’Ong membres du conseil car, estime-t-il, « la campagne en prélude des élections a dépassé le débat d’idées pour devenir une campagne ‘zet la bou », poursuivant : « Je crois qu’il faut passer à un autre niveau. D’autant plus que ces représentants d’Ong sont censés réaliser un travail de coeur. Il faut que la société civile sorte gagnante de ces élections. »
Geerish Bucktowonsing dresse le bilan de ses réalisations depuis son élection en tant que président du MACOSS en août dernier. Selon son responsable actuel, depuis son arrivée, une trentaine de projets ont été réalisés touchant divers domaines, tels le combat contre la pauvreté, la formation des leaders d’Ong, la promotion des valeurs familiales et la santé. Le MACOSS a en effet dispensé un cours étalé sur sept semaines, certifié par la MQA et destiné à ceux travaillant avec les handicapés et les personnes âgées. Mais un des projets phares de l’année, selon Geerish Bucktowonsing, est axé autour de “l’île Maurice durable”. « On a introduit le système de captage d’eau de pluie dans une quinzaine d’Ong à travers l’île avec, pour slogan, “L’eau, c’est la vie, ne la gaspillons pas”. On leur a montré comment récupérer cette ressource naturelle et l’utiliser pour l’arrosage des plantes, le nettoyage ou encore dans les toilettes. À Maurice, nous avons un problème : 50% de notre eau est gaspillée dans des fuites. À travers ce projet, nous contribuons donc à la protection de la planète. » À noter à ce propos qu’une demande a été introduite auprès du MID Fund afin que les autres Ong affiliées au MACOSS soient également équipées de ce système de captage d’eau. « D’après ce que nous avons compris, cela va dans la bonne direction. Et si nous sommes réélus, nous poursuivrons avec ce projet. »
Autre important projet réalisé durant la dernière année : le lancement du Poverty Eradication Network (PEN), une recommandation des Nations Unies. « Nous avons lancé le concept à travers un centre à La Laura et un autre à Roche-Bois. » D’autre part, « comme nous assistons de nos jours à une érosion des valeurs, nous avons travaillé sur la promotion des valeurs familiales aux quatre coins de l’île ». Pour la première fois, souligne M. Bucktowonsing, « nous avons aussi développé un plan stratégique pour la période 2014-2017, et ce en collaboration avec les Ong, car quand je suis arrivé, il n’y en avait pas ». L’intérêt d’un tel plan ? « Si vous voulez un secteur civique à Maurice, il faut une plateforme d’Ong plus dynamiques répondant aux besoins des membres affiliés. C’est pourquoi il faut continuer ce combat de formation au MACOSS. Cette année, on a participé à beaucoup de débats. Si on abandonne, on retournera dans le passé en étant “en panne”. Ce qui manquait autrefois, c’était le dynamisme. Il faut faire du MACOSS un vrai point focal des Ong. En renforçant les capacités des leaders des Ong et en étant soudés. Le plan stratégique établit des objectifs bien définis. » Le président dit par ailleurs être en pourparlers avec le ministère de la Sécurité sociale pour la révision de la MACOSS Act.
Si jamais il était réélu, Geerish Bucktowonsing dit vouloir réaliser le plan stratégique, revoir la MACOSS Act et soutenir les Ong rencontrant des difficultés d’accès aux fonds CSR. « On discuterait des lignes directrices du CSR avec le gouvernement pour une révision et on travaillerait pour faire en sorte que les fonds soient plus accessibles aux Ong. » Il compte également mettre en place un réseau de volontaires, qui aideraient les Ong à rédiger leurs projets en vue de bénéficier de ces fonds.