Présent à Maurice cette semaine, à l’occasion de la réunion annuelle du conseil exécutif du World Hindi Secretariat (WHS), Madhusudan Ganapathi, Secretary (West) au ministère indien des Affaires étrangères et ex-haut commissaire de l’Inde à Maurice, souligne que le WHS est la concrétisation d’un rêve et d’une vision de sir Seewoosagur Ramgoolam et d’Indira Gandhi. Dans un entretien accordé au Mauricien hier, il se dit heureux de revenir en visite à Maurice où il compte de nombreux amis. S’agissant de l’Indian Ocean Rim, il a exprimé sa satisfaction que l’organisation soit aujourd’hui reconnue par les grandes puissances. À ce propos, la candidature des États-Unis en tant que dialogue partner sera étudiée en novembre à la prochaine réunion ministérielle de l’organisation. Notre interlocuteur rappelle également que l’Inde a soutenu la position de Maurice sur la question des Chagos.
Vous avez coprésidé la troisième réunion du conseil exécutif du World Hindi Secretariat (WHS). Quels en sont les points importants à retenir ?
Je suis venu à Maurice dans le cadre de cette troisième réunion du conseil exécutif qui s’est tenue hier (NdlR : lundi après-midi) au Domaine Les Pailles. Institué il y a quatre ans, le WHS est cofinancé par les gouvernements mauricien et indien. Comme toute nouvelle organisation, le WHS a fait face à un certain nombre de problèmes durant ces quatre années mais a pu les surmonter dans une large mesure. La réunion d’hier avait pour but de passer en revue les activités du secrétariat, de prendre connaissance de sa situation en termes de personnel et de budget mais aussi de l’aider à orienter ses activités par rapport aux objectifs fixés.
Par ailleurs, il a aussi été question du lancement de son site internet et de la construction du bâtiment qui l’abritera. Le terrain est attribué par le gouvernement mauricien, alors que le gouvernement indien financera la construction du bâtiment. Nous nous attendons à ce que les travaux démarrent avant la fin de l’année. Les derniers points concernant l’architecture du bâtiment et la disposition des pièces ont été finalisés. Nous nous réjouissons maintenant de voir le projet se concrétiser.
La neuvième World Hindi Conference se tenant à Johannesburg en septembre, nous voulons que le secrétariat y joue un rôle important. Nous sommes plutôt satisfaits de la réunion. Le WHS a un nouveau secrétaire et un nouvel assistant secrétaire. Nous sommes confiants qu’ils seront à la hauteur de leurs tâches.
Maurice étant le pays hôte du WHS, qu’est-ce que cela représente pour la Grande Péninsule ?
De toute évidence, cela reflète l’importance qu’accordent les deux pays à leurs relations bilatérales, qui remontent à 1975 à l’occasion de la tenue de la première World Hindi Conference à Nagpur en Inde. Sir Seewoosagur Ramgoolam, le père de la nation mauricienne, avait alors demandé au Premier ministre indien Indira Gandhi d’instaurer le secrétariat à Maurice. C’est la concrétisation d’un rêve et de la vision de deux grands leaders, SSR et Mme Indira Gandhi.
Et la présidence indienne à l’IOR-ARC ne donne-t-elle pas un nouveau dynamisme à l’organisation ?
Jusqu’ici, l’IOR-ARC est restée plutôt inactive. Nous avons voulu lui donner un nouvel élan afin qu’elle puisse travailler sur les objectifs qu’elle s’est fixés depuis une décennie. Avec ce nouveau dynamisme nous voulons aussi consolider sa crédibilité. Nous sommes d’avis que le 21e siècle est celui de l’Afrique et de l’océan Indien et l’IOR-ARC aura un rôle majeur à y jouer. Dans un premier temps, nous voulons créer une synergie entre les pays membres en vue de dynamiser le secrétariat. Et par la suite, travailler vers une plus grande harmonisation et répondre à l’attente des membres.
Les États-Unis souhaitent devenir un “Dialogue Partner” au sein de l’IOR-ARC…
L’Inde est à la tête du secrétariat. Je pense que la question sera prise lors de la prochaine réunion du secrétariat qui aura lieu en novembre.
Cet intérêt que portent les États-Unis à l’IOR-ARC prouve-t-il que l’organisation gagne en matière de reconnaissance internationale ?
Les États-Unis ont toujours été un acteur mondial depuis la deuxième guerre mondiale. Il est clair qu’ils ont vu l’importance d’une organisation interactive régionale comme l’IOR-ARC. Pouvons-nous accueillir un plus grand engagement que ces pays qui ont un tel rayonnement sur le plan de la politique internationale ?
D’autant que l’océan Indien est un point stratégique…
Certes. D’autant que la plupart des pays producteurs de pétrole se trouvent dans la région, il y aura de toute évidence une interaction entre les grandes puissances.
Quelle est la position de l’Inde en ce qui concerne Diego Garcia et l’exercice de la souveraineté de Maurice sur l’Archipel des Chagos ?
L’Inde a toujours maintenu qu’elle soutient la position de Maurice sur cette question et c’est ce que nous avons fait au niveau du Mouvement des Non-alignés et ailleurs. Cette position est d’ailleurs reflétée dans la déclaration diffusée à l’occasion de la dernière visite du Premier ministre, Navin Ramgoolam, en Inde en février.
Ayant été le haut-commissaire de l’Inde à Maurice juste avant votre affectation comme secrétaire (West) aux Affaires étrangères du gouvernement indien, est une fierté pour Maurice…
(… Sourire).
Quel est votre rôle en tant que secrétaire (West) aux Affaires étrangères ?
Je m’occupe de l’Afrique, de l’Europe et de l’Amérique latine. Mon rôle est de promouvoir les relations entre ces pays et de faciliter les interactions entre eux.
Il y a eu beaucoup de débats récemment sur le traité de non-double imposition entre l’Inde et Maurice. Où en sommes-nous ?
Le Joint working group se réunira bientôt. Je suis certain qu’il y aura des avancées sur le sujet et que des points consensuels seront trouvés.
Un message pour Maurice…
Je suis heureux d’être de retour, de retrouver des amis et de constater le dynamisme à Maurice. Je souhaite bonne chance à Maurice à mesure que nous avançons dans cette nouvelle décennie.