Ceux qui ont fait le déplacement le week-end dernier pour voir le magicien et illusionniste indien Samraj ont tout simplement été subjugué par ses prestations : prestidigitation, illusion, hypnose, lévitation… L’artiste a maintenu en haleine pendant deux heures et demie un public plutôt familial avec la présence de beaucoup d’enfants. Enthousiasme, fascination, curiosité mêlés à une dose de crainte ont jalonné le samedi après-midi des spectateurs.
À 13 heures, comme convenu, le public mauricien était présent au J&J Auditorium à Phoenix. Ils étaient peu nombreux certes, mais avides de découvrir les tours exceptionnels promis par le magicien Samraj.
L’attente semble longue. Une musique classique accompagnée d’un jeu de lumière fait patienter le spectateur. Une manière de les mettre dans l’ambiance peut-être. Une ambiance qui sera bientôt dramatisée avec un son relativement fort. Certains spectateurs portant même leurs mains aux oreilles.
Une voix annonce d’abord quelques consignes à respecter : l’utilisation de l’appareil photo ou de caméra vidéo est interdite sauf avec autorisation préalable ; le porte de lunettes noires n’est pas permis non plus.
Les yeux rivés sur scène, l’on cherche le magicien mais c’est au son des vagues qui s’écrasent suivi de la musique de My heart will go on de James Horner que le spectacle commence. Une voix off relate la tragique histoire du Titanic. Une image animée projetée sur un écran géant sur la scène donne l’occasion aux spectateurs de visualiser la catastrophe. Survivra du naufrage un esprit, dira la voix.
Apparaît ensuite un cercueil duquel veut sortir une créature. Après une longue lutte, elle finit par déchirer la toile qui lui barrait la sortie. C’est Samraj qui apparaît dans un grand bruit et des confettis. Petit mot sur le genre : la magie et l’illusion sont un art visuel, dit-il.
Place à la danse contemporaine. D’une grande boîte qui s’ouvre sur le côté sortent deux femmes qui se joignent aux hommes déjà sur scène et qui présentent une danse contemporaine.
« Rien de surnaturel »
Le spectateur est ensuite entraîné dans le monde magique de Samraj avec l’apparition d’une petite tête en boule de couleur noire aux yeux lumineux et d’un tissu noir. La créature commande les gestes du magicien. Au plus grand bonheur du public, il suit son jeu. Samraj alterne entre numéros enchanteurs et ceux quasi-fantastiques. Par moments, dans une mise en scène cinématographique. Il précise toutefois durant le spectacle qu’il n’y a rien de surnaturel dans ce qu’il fait. Il s’agit uniquement de l’art. Un art qui fait appel à la rapidité de l’exécution des gestes, précise-t-il. Par conséquent, il peut aussi être dangereux, souligne-t-il, après avoir diffusé une vidéo montrant un magicien mort, le crâne écrabouillé sous un poids. Celui-ci, affirme-t-il, avait seulement 15 secondes pour s’en aller, il n’a pas eu le temps de le faire.
Parmi les numéros spectaculaires, l’on relève l’apparition de Mère Teresa sortant d’un cercueil. C’est une pure illusion, dit le magicien. Le spectateur aura l’occasion de voir Samraj en pleine séance de lévitation sur une musique religieuse hindoue. C’est du spiritisme, affirme-t-il. De l’hypnose aussi avec une femme mise à l’horizontal avec uniquement la tête posée sur un support ; ou une autre qui, en une fraction de seconde défiant les lois de la gravité, est maintenue debout dans les airs sous la supervision du magicien. « It is the standing lady illusion », annonce-t-il.
Cependant, après avoir invité une petite fille à venir sur scène, Samraj n’a pu parvenir à la hypnotiser. Effrayée, l’enfant a souhaité retourner à sa place. Une petite frayeur, qu’elle a vite oublié, puisqu’elle est revenue sur scène pour un numéro aux côtés d’autres enfants durant lequel le magicien a fait apparaître des kilos de bonbons dans une boîte vide dans laquelle il avait placé, sous les yeux des enfants, un papier auquel il avait mis le feu.
Dans ce genre plus soft, il sortira un coq d’un sari qui fait plusieurs mètres de long qu’il aura d’abord sorti d’un tube vide sans fond. Ou encore, il fera apparaître des oranges qu’il lancera ensuite au public. C’est dans la joie et la bonne humeur que celui-ci les attrape. Pour son numéro de mentalisme, ce sont des adolescentes qui sont conviées sur scène. « Je peux lire votre pensée », dit-il, mais très vite, il les rassure en affirmant qu’il ne dira pas tout mais leur demande de penser à un chiffre entre 100 et 999 à la première ; un lieu, à la deuxième ; de prendre une carte à la troisième. Il devine juste et inscrit les réponses sur un tableau.
Pendant son spectacle, le magicien fait plusieurs fois appel au public, la plupart du temps, des enfants. À la fois curieux et impressionnés, ils tentent l’expérience. Hésitent par moment. À l’instar de cette petite fille, qui après avoir répondu aux questions de Samraj, voulait retourner à sa place lorsque le magicien a voulu faire disparaître sa montre. Il a dû rassurer la petite fille en lui disant qu’elle apparaîtra dans une autre boîte pour qu’elle poursuit l’expérience.
Tout aussi curieux que les enfants, un agent de police n’a pas hésité à tenter l’expérience, lorsque Samraj a fait appel à un adulte mâle de 25 ans. Il en était tout stupéfait lorsqu’il voit arriver sur scène le magicien qu’il a cadenassé dans une malle qu’il a eu l’occasion de vérifier au préalable.
Avec ses numéros extraordinaires, Samraj, lui-même un grand performer, a conquis son public, des gens tout à fait ordinaires. Même s’ils tentent de deviner les astuces du magicien veulent-ils vraiment les connaître ? Pourquoi briser la magie ? Bref, enfants comme adultes sont repartis du J&J Auditorium le sourire aux lèvres et quelques oranges ou bonbons dans le sac !