Dans l’optique d’apporter de nouvelles idées et de partager leur expérience sur le problème de la violence domestique, des juges et des magistrats ont participé à un atelier de travail à l’hôtel Hennessy Park, à Ébène, la semaine dernière. L’occasion pour eux de revenir sur le problème de la violence domestique, « un problème global », comme l’a indiqué la magistrate australienne d’origine indienne Jayanthi McGrath, spécialement venue pour cet atelier de travail organisé par l’Australian High Commission et le ministère de l’Égalité des genres, en collaboration avec l’Institute for Judicial & Legal Studies et la Mauritius Magistrates Association.
Le problème de la violence domestique ne cesse de s’accroître dans le monde. Face à ce constat, cet atelier de travail a été mis sur pied pour trouver de nouvelles méthodes pouvant être adoptées et de nouvelles approches à utiliser pour combattre ce fléau, notamment au niveau du système judiciaire. La magistrate australienne Jayanthi McGrath, qui exerçait comme facilitatrice lors de cet atelier de travail, s’est adressée à l’assistance sur le problème de la violence domestique en Australie et des recommandations faites pour améliorer les mécanismes de soutien envers les victimes de violences. La magistrate s’est aussi attardée sur la manière dont le système judiciaire doit répondre à ce genre de cas. Me Jayanthi McGrath soutient que la violence domestique « est un problème global qui touche n’importe quel groupe social et n’importe quelle culture ». Elle a ainsi rappelé que les dispositions de la loi pour combattre la violence domestique « ne suffisent pas », précisant qu’il faut avant tout une approche holistique ainsi que des procédés privilégiant la communication. Selon Me McGrath, en Australie, de nombreux efforts ont été consentis pour inciter à contrer ce problème sociétal, notamment par le biais d’un tribunal spécial, nommé Family Violence Court, avec des magistrats désignés pour y siéger. Et d’évoquer également le Family Violence Program, que la cour peut obligé à un accusé de suivre.
Me Jayanthi McGrath a également rappelé le rôle essentiel des médias dans ce combat, prenant exemple sur de nombreux titres de journaux australiens faisant état des lacunes dans cette lutte contre la violence domestique. Selon elle, les médias ont aussi comme tâche de rappeler les rôles des institutions et de garder le public informé sur les dernières initiatives prises.
La ministre de l’Égalité des Genres, du Développement de l’enfant et du Bien-être de la famille, Fazila Jeewa-Daureeawoo, a quant à elle rappelé que la violence domestique est un « problème grave de société » qui, quelquefois, « se termine par le décès d’une victime ». Elle a par ailleurs rappelé que des amendements ont été apportés l’année dernière à la Protection from Domestic Violence Act 1997, dans lesquels la définition de violence domestique a été élargie et des sanctions plus lourdes ont été prévues. La ministre a toutefois tenu à souligner que, « malgré les amendements et les sanctions strictes, si nous manquons à implémenter les nouvelles méthodes dans cette société qui évolue, le problème perdurera », déplorant ainsi le fait que « de nombreuses victimes souffrent en silence ».
Susan Coles, la haute commissaire d’Australie, a pour sa part indiqué que la violence contre les femmes est « le délit le plus répandu dans le monde », ajoutant que, selon les statistiques, une femme sur trois sera victime d’abus physique ou sexuel dans sa vie. Soulignant que la violence domestique affecte la santé, « mais aussi la dignité, la sécurité et l’autonomie » des victimes, qui peinent à s’en remettre, elle reprend : « L’impact de la violence domestique sur les femmes est dévastateur. Cela crée de la peur et de l’incertitude chez les victimes. » Selon elle, ce fléau « a un effet néfaste sur les enfants qui ont été victimes ou témoins de violence domestique ».